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<journal-title>Open Library of Humanities</journal-title>
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<subject>The encounter between asian and western art, 20th&#8211;21st centuries</subject>
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<article-title>Fusion, emprunt&#8230;dislocation, ou comment la rencontre de l&#8217;art occidental s&#8217;inscrit dans les &#233;crits des critiques chinois</article-title>
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<contrib-id contrib-id-type="orcid">http://orcid.org/0000-0003-0357-6550</contrib-id>
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<email>anny.lazarus@gmail.com</email>
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<aff id="aff-1"><label>1</label>Centre de Recherches sur la Chine, Universit&#233; Paul Valery, Montpellier 3, FR</aff>
<pub-date publication-format="electronic" date-type="pub" iso-8601-date="2019-04-24">
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<license-p>This is an open-access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution 4.0 International License (CC-BY 4.0), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original author and source are credited. See <uri xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/</uri>.</license-p>
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<abstract>
<p>Alors que l&#8217;art en Chine, d&#232;s le d&#233;but du XX<sup>e</sup> si&#232;cle, a pour mission de soutenir la jeune et fragile r&#233;publique chinoise et d&#8217;&#234;tre au plus pr&#232;s du peuple, les artistes chinois partis &#233;tudier &#224; l&#8217;&#233;tranger sont confront&#233;s &#224; l&#8217;art moderne occidental, qui revendique son autonomie : deux conceptions de l&#8217;art inconciliables. Cet article pr&#233;sente la mani&#232;re dont les critiques d&#8217;art chinois aujourd&#8217;hui caract&#233;risent cette rencontre avec la culture occidentale et la mani&#232;re dont ils analysent les diff&#233;rents &#233;crits de l&#8217;&#233;poque, &#224; travers l&#8217;&#233;volution du lexique employ&#233;, depuis le mouvement du Quatre mai (1919) jusqu&#8217;&#224; l&#8217;&#232;re de la mondialisation.</p>
</abstract>
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<p>While from the beginning of the 20th century, art in China had the mission of supporting the young and fragile Chinese Republic, and to be as close as possible to its people, Chinese artists who left to study abroad were confronted with Western Modern art, which claimed its autonomy: two irreconcilable conceptions of art. In this article, I shall study how today&#8217;s Chinese art critics highlight this encounter with Western culture and analyse the various writings of the time, through the evolution of the lexicon used from the May Fourth (1919) movement to the globalised era.</p>
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<title>Pr&#233;ambule</title>
<p>Certains ouvrages, de par leur intitul&#233;, sugg&#232;rent que la relation de la Chine avec l&#8217;Occident fut non seulement complexe mais &#233;galement tragique. Ainsi Gregory Lee &#233;voque-t-il une Chine sous la domination du &#8216;spectre de l&#8217;Occident&#8217; dans <italic>La Chine et le spectre de l&#8217;Occident</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B16">2002</xref>). D&#8217;autres titres d&#8217;auteurs occidentaux ou chinois montrent, dans les cas de couvertures bilingues, que le choix des termes pour rendre compte de cette rencontre varie suivant la langue. &#201;ric Janicot traduit le titre de son livre <italic>L&#8217;esth&#233;tique moderne chinoise, l&#8217;&#233;preuve de l&#8217;Occident</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B5">2007</xref>) par &#8216;<italic>Zhongguo jindai meixue he xifang</italic> &#20013;&#22283;&#36817;&#20195;&#32654;&#23416;&#21644;&#35199;&#26041;&#8217; ou &#8216;L&#8217;esth&#233;tique moderne chinoise et l&#8217;Occident&#8217;. Le titre de la version chinoise efface donc la notion d&#8217;emprise ou de r&#233;sistance entre Chine et Occident que sugg&#232;re l&#8217;expression fran&#231;aise. La formulation chinoise est beaucoup plus neutre, voire apais&#233;e. En effet, le premier sens de <italic>he</italic> &#21644;, utilis&#233; ici comme conjonction de coordination, renvoie au sens d&#8217;harmonie. L&#8217;historien et critique d&#8217;art, commissaire d&#8217;exposition et enseignant Gao Minglu &#39640;&#21517;&#28510;, n&#233; en 1949, m&#234;lant caract&#232;res non simplifi&#233;s et caract&#232;res simplifi&#233;s, intitule en <xref ref-type="bibr" rid="B8">2009</xref> son ouvrage th&#233;orique <italic>Yi pai lun, yige dianfu zaixian de lilun</italic> &#24847;&#27966;&#35542;&#65306;&#19968;&#20010;&#39072;&#35206;&#20877;&#29616;&#30340;&#29702;&#35770; en fran&#231;ais : &#8216;Th&#233;orie de l&#8217;&#201;cole du <italic>yi</italic> : une th&#233;orie qui subvertit la repr&#233;sentation. <italic>Dianfu</italic> n&#8217;est pas un terme neutre mais recouvre les sens de &#8216;renverser ; d&#233;truire ; subvertir&#8230;&#8217;. Le lecteur peut interpr&#233;ter cette th&#233;orie comme une d&#233;claration d&#8217;hostilit&#233; envers la mimesis longtemps privil&#233;gi&#233;e dans la peinture occidentale mais s&#8217;il prend connaissance du titre anglais <italic>Yi Pai : A Synthetic Theory against Representation</italic>, il remarque que <italic>dianfu</italic> est rendu par <italic>against</italic>, un terme moins virulent.</p>
<p>Les ouvrages de Lee, Janicot et Gao Minglu illustrent la vision qu&#8217;ont historiens et critiques d&#8217;art de la complexit&#233; des relations Chine/Occident, allant d&#8217;une relation harmonieuse, voire amicale, &#224; une confrontation plus hostile ou inqui&#233;tante. Ils soulignent aussi la situation ambigu&#235; du traducteur qui doit s&#233;lectionner un terme parmi de nombreuses expressions approchantes dans sa langue, un choix qui peut orienter, voire d&#233;naturer le sens du discours de l&#8217;auteur.</p>
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<sec>
<title>Des chemins d&#233;tourn&#233;s de l&#8217;Orient &#224; l&#8217;Occident</title>
<sec>
<title>Orient/Occident : attirance et d&#233;fiance</title>
<p>Influences, emprunts, appropriation, assimilation, interactions&#8230; Comment d&#233;signer les croisements et les jeux de positions apparus en Chine, au contact de la culture occidentale, en particulier dans le domaine de l&#8217;art? Le terme &#8216;influence&#8217;, qui s&#8217;appuie sur l&#8217;id&#233;e d&#8217;une hi&#233;rarchie des civilisations ou des cultures, est d&#233;nonc&#233; par Baxandall dans <italic>Les formes de l&#8217;intention</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B1">1991 : 106</xref>). Il plaide pour une vision complexe des relations qui se tissent entre les artistes. Dans le chapitre &#8216;Digression contre la notion d&#8217;&#8220;influence artistique&#8221;&#8217;, il qualifie ce terme de &#8216;pervers&#8217;, le jugeant comme &#8216;l&#8217;un des fl&#233;aux de la critique d&#8217;art&#8217; car &#8216;la grammaire d&#233;cide d&#233;j&#224; ind&#251;ment du sens de la relation (quelqu&#8217;un agit, quelqu&#8217;un d&#8217;autre subit)&#8217;. Or celui qui subit une influence propose &#233;galement une vision nouvelle de l&#8217;&#339;uvre ou des concepts qu&#8217;il r&#233;interpr&#232;te.</p>
<p>&#192; deux reprises dans son histoire, la Chine a &#233;t&#233; durement confront&#233;e aux valeurs, aux concepts et aux produits occidentaux : &#224; la fin des Qing, alors que les puissances occidentales s&#8217;appropriaient des parties du territoire chinois en cr&#233;ant concessions sur concessions&#8211;une situation souvent d&#233;crite comme un d&#233;pe&#231;age du pays&#8211;puis, dans les ann&#233;es 1980, avec la politique des r&#233;formes et de l&#8217;ouverture engag&#233;e par Deng Xiaoping afin de relancer l&#8217;&#233;conomie nationale. La similitude entre ces deux p&#233;riodes a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e dans de nombreux ouvrages.<xref ref-type="fn" rid="n1">1</xref></p>
<p>Aussi, d&#232;s la fin de la premi&#232;re guerre de l&#8217;Opium (1838&#8211;1842), la langue s&#8217;est enrichie de sentences tactiques, voire belliqueuses, nouvelles ou exhum&#233;es des textes anciens, d&#233;signant l&#8217;Occident comme un ennemi dont on enviait la puissance. Ainsi l&#8217;injonction de l&#8217;historien Wei Yuan &#39759;&#28304; (1794&#8211;1856) reprend un vieux pr&#233;cepte du <italic>Hanshu</italic> &#27721;&#20070; (<italic>Livre des Han</italic>), pr&#233;conisant de diviser pour r&#233;gner en &#8216;ma&#238;trisant les barbares par les barbares&#8217; (<italic>yi yi gong yi</italic> &#20197;&#22839;&#25915;&#22839;).<xref ref-type="fn" rid="n2">2</xref> Ou encore, apr&#232;s la guerre des Taiping (1851&#8211;1864), Feng Guifen &#20911;&#26690;&#33452; (1809&#8211;1874), th&#233;oricien du mouvement de modernisation, avide de sciences occidentales mais fid&#232;le aux institutions traditionnelles, reprend l&#8217;adage de l&#8217;homme d&#8217;&#201;tat, savant et lettr&#233; Zhang Zhidong &#24352;&#20043;&#27934; (1837&#8211;1909) : <italic>Zhong xue wei ti, xixue wei yong</italic> &#20013;&#23398;&#20026;&#20307;&#65292;&#35199;&#23398;&#20026;&#29992; (&#8216;les &#233;tudes chinoises sont l&#8217;essence, les &#233;tudes occidentales la fonction utilitaire&#8217; ou encore &#8216;le savoir chinois pour fondement, le savoir occidental pour pratique&#8217;). On retrouve aujourd&#8217;hui cette maxime sous sa forme abr&#233;g&#233;e <italic>Zhong ti xi yong</italic> &#20013;&#20307;&#35199;&#29992;, par exemple dans les &#233;crits des ann&#233;es 1980/1990 du philosophe Li Zehou &#26446;&#27901;&#21402;, n&#233; en 1930, ou du critique d&#8217;art et commissaire d&#8217;exposition Li Xianting, n&#233; en 1949.<xref ref-type="fn" rid="n3">3</xref></p>
<p>Lors de la p&#233;riode d&#233;sign&#233;e par l&#8217;expression <italic>jindai</italic> &#36817;&#20195; concernant les derni&#232;res ann&#233;es de la dynastie Qing et les premi&#232;res ann&#233;es de la R&#233;publique de Chine &#8216;<italic>minchu</italic> &#27665;&#21021;&#8217;, les responsables politiques conscients de la situation tragique de leur pays se tournent vers les connaissances occidentales, en particulier les sciences. &#192; l&#8217;initiative de Cai Yuanpei &#34081;&#20803;&#22521; (1868&#8211;1940), l&#8217;ensemble du syst&#232;me &#233;ducatif, alors h&#233;ritier de la tradition confuc&#233;enne, est radicalement transform&#233;. Pour acqu&#233;rir ces nouvelles m&#233;thodes, c&#8217;est au Japon, puis en Europe, qu&#8217;un grand nombre d&#8217;intellectuels partent &#233;tudier.</p>
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<title>Le passage oblig&#233; par le Japon</title>
<p>L&#8217;&#232;re <italic>Meiji</italic> ou &#8216;politique &#233;clair&#233;e&#8217; (1868&#8211;1912), qui correspond au r&#232;gne de l&#8217;empereur Meiji, a vu la naissance du Japon moderne et la transformation radicale de sa culture, tant dans le domaine linguistique et litt&#233;raire que technique et artistique. Alors que les artistes japonais se passionnaient pour l&#8217;art occidental et d&#233;laissaient leurs propres traditions artistiques, c&#8217;est un Am&#233;ricain, Ernest Fenollosa (1853&#8211;1908), qui prit la d&#233;fense de l&#8217;art traditionnel japonais, d&#233;sign&#233; par l&#8217;expression &#8216;peinture nationale&#8217; (<italic>guohua</italic> &#22269;&#30011;), une formule qui fera fortune en Chine.</p>
<p>Outre cette locution de &#8216;peinture nationale&#8217;, d&#8217;autres mots sont venus enrichir la langue chinoise en raison de traductions de textes occidentaux. Ces traductions chinoises se basaient non pas sur les textes europ&#233;ens mais sur des versions en langue japonaise enrichies en n&#233;ologismes cr&#233;&#233;s avec des caract&#232;res chinois. L&#252; Peng rappelle ainsi l&#8217;introduction du terme <italic>meixue</italic> &#32654;&#23416; (esth&#233;tique) dans <italic>Histoire de l&#8217;art au XX<sup>e</sup> si&#232;cle</italic> (2013 : 75). Il s&#8217;agit d&#8217;un emprunt &#224; la langue japonaise, <italic>bijutsu</italic>, forg&#233; en 1871 &#224; l&#8217;aide de caract&#232;res chinois traditionnels &#224; partir de termes occidentaux. Ce n&#233;ologisme japonais appara&#238;t la premi&#232;re fois dans la traduction d&#8217;une invitation pour une exposition universelle &#224; Vienne. Apr&#232;s la traduction des cours de Fenollosa en japonais, c&#8217;est <italic>L&#8217;esth&#233;tique</italic> d&#8217;Eug&#232;ne V&#233;ron qui a l&#233;gitim&#233; ce terme.<xref ref-type="fn" rid="n4">4</xref> En 1902, Wang Guowei (1877&#8211;1927), dans sa traduction en chinois (d&#8217;apr&#232;s la version japonaise, semble-t-il), reprend le terme <italic>meixue</italic>&#8230; Ce serait la premi&#232;re occurrence dans la langue chinoise. L&#252; Peng pr&#233;cise (<xref ref-type="bibr" rid="B24">L&#252;, 2013 : 89</xref>) que quatre termes de l&#8217;art traditionnel chinois suffisaient pour parler des beaux-arts : <italic>shi</italic> &#35799; (po&#233;sie), <italic>shu</italic> &#20070; (calligraphie), <italic>hua</italic> &#30011; (peinture), <italic>yin</italic> &#21360; (sceau). Il rappelle certaines expressions utilis&#233;es par diff&#233;rents auteurs de la fin du XIX<sup>e</sup> si&#232;cle afin de d&#233;signer l&#8217;art occidental (alors que le terme <italic>meixue</italic> n&#8217;&#233;tait pas encore entr&#233; dans la langue chinoise) : <italic>danqingyuan</italic> &#20025;&#38738;&#38498; (palais rouge et vert<xref ref-type="fn" rid="n5">5</xref> c&#8217;est-&#224;-dire les &#233;coles d&#8217;art), <italic>xuanqihui</italic> &#28843;&#22855;&#20250; (exposition de merveilles) ou <italic>saizhenhui</italic> &#36187;&#29645;&#20250; (amas de perles et de tr&#233;sors) pour d&#233;signer les institutions mus&#233;ales.<xref ref-type="fn" rid="n6">6</xref></p>
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<title>Le discours des intellectuels de la R&#233;publique de Chine</title>
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<title>Import/export &#224; travers une grande vari&#233;t&#233; lexicale</title>
<p>Cai Yuanpei, qui deviendra pr&#233;sident de l&#8217;universit&#233; de P&#233;kin puis ministre de l&#8217;&#201;ducation, d&#233;couvre l&#8217;esth&#233;tique &#224; l&#8217;universit&#233; de Leipzig et consid&#232;re que l&#8217;&#233;ducation du sens artistique ou l&#8217;&#233;ducation esth&#233;tique (<italic>meiyu</italic> &#32654;&#32946;) doit &#234;tre la base de toute formation. L&#8217;&#233;ducation s&#8217;av&#232;re une priorit&#233; pour la jeune d&#233;mocratie chinoise (fond&#233;e en 1912). L&#8217;&#233;ducation esth&#233;tique pr&#233;conis&#233;e par Cai doit commencer d&#232;s la vie intra-ut&#233;rine en offrant des lieux con&#231;us pour &#233;veiller tous les sens du f&#339;tus. Cai d&#233;veloppe longuement ses propositions pour sensibiliser la population au sens esth&#233;tique, dans son essai de 1922 <italic>Mettre en pratique les m&#233;thodes de l&#8217;&#233;ducation du sens artistique</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B2">Cai et Janicot, 2007 : 85&#8211;91</xref>). Il conseille d&#8217;adopter plusieurs mesures qu&#8217;il a observ&#233;es en Occident. Au-del&#224; de l&#8217;&#233;cole, de la cr&#233;ation de mus&#233;es, il insiste sur l&#8217;am&#233;nagement urbain, en se pr&#233;occupant m&#234;me des cimeti&#232;res, et va jusqu&#8217;&#224; envisager un usage esth&#233;tique des cadavres humains.<xref ref-type="fn" rid="n7">7</xref> Il pr&#244;ne une &#233;cole des beaux-arts organis&#233;e sur le mod&#232;le japonais. En effet, l&#8217;universit&#233; de Tokyo accueille de nombreux &#233;tudiants chinois qui, une fois dipl&#244;m&#233;s et rentr&#233;s en Chine, contribuent &#224; structurer ce nouvel enseignement en privil&#233;giant l&#8217;habilet&#233; technique. Ainsi la jeune r&#233;publique chinoise a tir&#233; de l&#8217;exp&#233;rience japonaise non seulement plusieurs n&#233;ologismes mais aussi les fondements de son enseignement artistique.</p>
<p>Tout en &#233;voquant un choc r&#233;ciproque (<italic>xianghu chongtu</italic> &#30456;&#20114;&#20914;&#31361;) des cultures orientale et occidentale, Cai Yuanpei plaide pour un rapprochement des nations (<italic>jierong</italic> &#25509;&#35302;). Dans ses interventions, il privil&#233;gie les termes proches de la notion de &#8216;fusion&#8217;. Ainsi en 1918, lors d&#8217;une allocution &#224; l&#8217;universit&#233; de P&#233;kin, loin d&#8217;opposer les deux cultures, pour en pr&#233;ciser le rapport, il utilise <italic>ronghe</italic> : <italic>dongxi wenhua ronghe shidai</italic> &#19996;&#35199;&#25991;&#21270;&#34701;&#21512;&#26102;&#20195;,<xref ref-type="fn" rid="n8">8</xref> ce qu&#8217;&#201;ric Janicot a traduit par : &#8216;Aujourd&#8217;hui nous vivons une &#233;poque d&#8217;&#233;changes entre les cultures orientales et occidentales&#8217; (<xref ref-type="bibr" rid="B10">Janicot, 2007 : 81</xref>). Plus loin il traduira cette expression par &#8216;harmonie&#8217; (<xref ref-type="bibr" rid="B10">Janicot, 2007 : 159</xref>).<xref ref-type="fn" rid="n9">9</xref> Cependant, <italic>ronghe</italic> &#34701;&#21512; d&#233;signe la notion de &#8216;fusion&#8217;, un sens beaucoup plus fort que &#8216;harmonie&#8217;,<xref ref-type="fn" rid="n10">10</xref> une fusion recherch&#233;e par un peintre comme Lin Fengmian &#26519;&#39118;&#30496; (1900&#8211;1991). Cai utilise aussi <italic>caiyong</italic> &#37319;&#29992; &#8216;adopter (une m&#233;thode)&#8217; et rappelle que ces &#8216;&#233;changes&#8217; se sont faits dans les deux sens. Dans le texte &#8216;L&#8217;influence des id&#233;es sur l&#8217;&#233;ducation esth&#233;tique de Cai Yuanpei sur les beaux-arts au d&#233;but de la R&#233;publique&#8217;, publi&#233; dans un recueil consacr&#233; aux artistes chinois venus &#233;tudier &#224; Paris au d&#233;but de la R&#233;publique de Chine, Zhang Yuanqian &#24352;&#20803;&#33564; pr&#233;sente l&#8217;h&#233;ritage de Cai Yuanpei (<xref ref-type="bibr" rid="B29">Zhang, 1989 : 37</xref>). Il emploie d&#8217;autres termes proches de &#8216;fusion&#8217;, tels que &#8216;se fondre dans&#8217; (<italic>rongru</italic> &#34701;&#20837;), &#8216;int&#233;grer&#8217; (<italic>jiehe</italic> &#32467;&#21512;) (1989 : 13). Cai Yuanpei soutient les r&#233;formes qui int&#232;grent &#224; l&#8217;art chinois de son &#233;poque les techniques occidentales. M&#234;me le peintre traditionaliste Huang Binhong &#40644;&#23486;&#34425; (1865&#8211;1955) reconna&#238;t un &#8216;accord&#8217; (<italic>qihe</italic> &#22865;&#21512;) entre peinture orientale et occidentale.</p>
<p>D&#8217;autres personnalit&#233;s politiques ont aussi utilis&#233; des expressions qui &#233;voquent la fusion, comme Kang Youwei &#24247;&#26377;&#20026; (1858&#8211;1927) qui parle de <italic>Zhongxi hebi</italic> &#20013;&#35199;&#21512;&#29863;, expression que l&#8217;on traduit par &#8216;mi-chinois mi-occidental&#8217; ou &#8216;sino-occidental&#8217; (<xref ref-type="bibr" rid="B29">Zhang, 1989 : 37</xref>). <italic>Hebi</italic> &#21512;&#29863;,<xref ref-type="fn" rid="n11">11</xref> m&#233;taphore d&#233;signant deux morceaux de jade qui s&#8217;assemblent parfaitement, inclut l&#8217;id&#233;e de combinaison et d&#8217;harmonie. Ou encore le &#8216;m&#233;langer moiti&#233;-moiti&#233;&#8217; (<italic>chanban</italic> &#25530;&#21322;), deux expressions pris&#233;es chez les lettr&#233;s-intellectuels qui, apr&#232;s un examen s&#233;rieux de l&#8217;&#233;tat des connaissances en Chine et des savoirs que ma&#238;trisait alors l&#8217;Occident, manifestent la volont&#233; d&#8217;int&#233;grer m&#233;thodes et connaissances n&#233;cessaires &#224; la modernisation de leur pays, convaincus que l&#8217;art avait un r&#244;le essentiel &#224; y jouer. Accessible &#224; l&#8217;ensemble du peuple, le r&#233;alisme occidental sembla alors plus pertinent que la peinture traditionnelle chinoise. Il fut consid&#233;r&#233; comme un moyen de r&#233;sistance : &#8216;<italic>Wuguo yin kangzhan, xieshizhuyi taitou</italic> &#21566;&#22269;&#22240;&#25239;&#25112;&#32780;&#20351;&#20889;&#23454;&#20027;&#20041;&#25260;&#22836; (Parce que mon pays est en guerre, le r&#233;alisme lui fera relever la t&#234;te)&#8217; d&#233;clare Xu Beihong &#24464;&#24754;&#40511; (1895&#8211;1953), cit&#233; par Li Xianting, (<xref ref-type="bibr" rid="B19">1989</xref>).<xref ref-type="fn" rid="n12">12</xref></p>
<p>L&#8217;introduction de l&#8217;art occidental en Chine suscite maintes autres expressions. Ainsi, dans une lettre adress&#233;e &#224; Chen Duxiu &#38472;&#29420;&#31168; (1879&#8211;1942) et publi&#233;e dans la revue <italic>Nouvelle Jeunesse</italic> en 1918, le peintre L&#252; Cheng&#21525;&#28546; (1896&#8211;1989), parti &#233;tudier au Japon, utilise l&#8217;expression <italic>xihua dong shu</italic> &#35199;&#30011;&#19996;&#36755; (le transfert de la peinture occidentale &#224; l&#8217;Est) o&#249; <italic>shu</italic> signifie &#8216;transporter&#8217;, &#8216;transf&#233;rer&#8217;<xref ref-type="fn" rid="n13">13</xref> (<xref ref-type="bibr" rid="B24">L&#252;, 2013 : 89</xref>).</p>
<p>Pour pallier les points faibles de la peinture traditionnelle (jug&#233;e par Ni Yide &#20522;&#36155;&#24503; (1901&#8211;1970) non scientifique et r&#233;alis&#233;e &#224; partir de mat&#233;riaux trop frustes), il faut selon ces intellectuels introduire la peinture occidentale, <italic>yinjin</italic> &#24341;&#36827;. Kang Youwei, s&#8217;appuyant sur le proverbe invoqu&#233; par Mencius &#8216;<italic>qu chang bu duan</italic> &#21462;&#38271;&#34917;&#30701;&#8217; (Apprendre beaucoup des autres pour suppl&#233;er &#224; ses lacunes),<xref ref-type="fn" rid="n14">14</xref> invite &#224; se &#8216;saisir&#8217; de la peinture europ&#233;enne : &#8216;<italic>jin yi qu Ou hua xiexing zhi jing, yi bu wu hua zhi duan</italic> &#20170;&#23452;&#21462;&#27431;&#30011;&#20889;&#24418;&#20043;&#31934;&#65292;&#20197;&#34917;&#21566;&#30011;&#20043;&#30701;&#8217;, soit &#8216;aujourd&#8217;hui, il convient de &#8216;saisir&#8217; (<italic>qu</italic> &#21462;) l&#8217;esprit de la peinture et du dessin figuratifs europ&#233;ens, pour suppl&#233;er les points faibles de notre peinture&#8217;. De m&#234;me Chen Duxiu encourage &#224; &#8216;adopter&#8217; (<italic>caiqu</italic> &#37319;&#21462;) cet esprit. Pour Liang Qichao &#26753;&#21551;&#36229; (1873&#8211;1929), la seule r&#232;gle est l&#8217;observation de la nature, ce qu&#8217;approuve Xu Beihong, exhortant &#224; &#8216;imiter la nature&#8217; (<italic>shifa zaohua</italic> &#24072;&#27861;&#36896;&#21270;)&#8211;mot &#224; mot &#8216;imiter la cr&#233;ation-transformation (de la nature)&#8217;. Xu r&#233;cuse un art &#8216;mi-chinois, mi-occidental&#8217; (<italic>fei zhongxi hebi</italic> &#38750;&#20013;&#35199;&#21512;&#29863;). Hostile vis-&#224;-vis de l&#8217;art moderne (C&#233;zanne, Matisse, Bonnard&#8230;), Xu d&#233;clare qu&#8217;il ne souhaite plus voir &#8216;ces abjections (<italic>beibi</italic> &#21329;&#37145;), ces inepties (<italic>hunkui</italic> &#26127;&#32873;), ces obscurantismes (<italic>heiyan</italic> &#40657;&#26263;), cette d&#233;g&#233;n&#233;rescence (<italic>duoluo</italic> &#22549;&#33853;)&#8217; (Xu Beihong cit&#233; par Li, 1989).<xref ref-type="fn" rid="n15">15</xref></p>
<p>Ainsi, dans sa <italic>Critique de la r&#233;volution artistique du Quatre mai</italic>, Li montre que, d&#232;s le d&#233;but du XX<sup>e</sup> si&#232;cle, l&#8217;art utilitaire (endossant la mission de sauver le pays) 12avait le soutien d&#8217;un grand nombre d&#8217;artistes, donnant une l&#233;gitimit&#233; &#224; l&#8217;art r&#233;aliste, si loin pourtant des pr&#233;occupations des peintres lettr&#233;s. Il rappelle certains slogans de l&#8217;&#233;poque comme &#8216;<italic>yanwu yiqie jiu xingshi</italic> &#21388;&#24694;&#19968;&#20999;&#26087;&#24418;&#24335;&#12289;&#26087;&#33394;&#24425;&#8217; (D&#233;testons les vieux styles, les vieilles couleurs) ; &#8216;<italic>Yao yong xinde jifa lai biaoxian xinshidaide jingshen</italic> &#35201;&#29992;&#26032;&#30340;&#25216;&#27861;&#26469;&#34920;&#29616;&#26032;&#26102;&#20195;&#30340;&#31934;&#31070;&#8217; (Exprimer l&#8217;esprit d&#8217;une nouvelle &#233;poque exige de nouvelles m&#233;thodes), que diffus&#232;rent les membres de la soci&#233;t&#233; La temp&#234;te (<italic>Juelan she</italic> &#20915;&#28572;&#31038;), fond&#233;e officiellement en 1932 &#224; Shanghai par Pang Xunqin &#24222;&#34224;&#29753; (1908&#8211;1966).<xref ref-type="fn" rid="n16">16</xref></p>
<p>Pionnier de la r&#233;volution artistique du Quatre mai, Liu Haisu (1896&#8211;1994), autodidacte form&#233; &#224; la calligraphie et &#224; la peinture traditionnelle, a jou&#233; un r&#244;le immense dans l&#8217;enseignement de l&#8217;art en ouvrant la premi&#232;re &#233;cole de peinture &#224; Shanghai d&#232;s 1912. Il a aussi fond&#233; le premier p&#233;riodique consacr&#233; &#224; l&#8217;art en 1918 (<italic>Meishu</italic>) dans lequel il publiera plusieurs articles sur l&#8217;art occidental qu&#8217;il d&#233;couvrira au Japon puis en Europe. Grand admirateur de Van Gogh et de C&#233;zanne, dont il &#233;tablit une bibliographie, il plaide pour une transformation de la peinture traditionnelle, sans pour autant d&#233;fendre une occidentalisation int&#233;grale (<italic>Quan pan xihua</italic> &#20840;&#30424;&#35199;&#21270;).<xref ref-type="fn" rid="n17">17</xref> Il introduit dans l&#8217;enseignement la pratique du mod&#232;le vivant, puis du nu, suscitant des r&#233;actions virulentes. Dans ses premiers &#233;crits, il appelle &#224; &#8216;d&#233;velopper l&#8217;art intrins&#232;que de l&#8217;Orient, &#224; &#233;tudier les myst&#232;res de l&#8217;art occidental&#8217;, &#224; fusionner les pratiques orientale et occidentale.<xref ref-type="fn" rid="n18">18</xref> En 1923, il &#233;crira le texte <italic>Shitao et le post-impressionnisme</italic> qui illustre la qu&#234;te d&#8217;une unit&#233; artistique (<italic>meide tongyi</italic> &#32654;&#30340;&#32479;&#19968;).<xref ref-type="fn" rid="n19">19</xref></p>
<p>Mais comment accepter de se fondre dans une autre culture sans renier une longue tradition picturale, ni se plier &#224; la supr&#233;matie occidentale, ni ent&#233;riner l&#8217;&#233;chec de la peinture et de la calligraphie chinoise ? Un autre peintre, Feng Zikai, apporte une r&#233;ponse en d&#233;fendant la th&#232;se d&#8217;une orientalisation (<italic>dongyanghuahua</italic> &#19996;&#27915;&#30011;&#21270;) de l&#8217;art moderne occidental qu&#8217;il croit d&#233;celer dans les &#339;uvres des impressionnistes. Tout en m&#233;nageant la susceptibilit&#233; des artistes et leur chauvinisme, il peut ainsi encourager les peintres lettr&#233;s &#224; adopter les modes de la peinture occidentale pour r&#233;former la peinture traditionnelle chinoise, alors enferm&#233;e dans une r&#233;p&#233;tition de clich&#233;s.</p>
</sec>
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<title>Les expressions privil&#233;gi&#233;es par Feng Zikai</title>
<p>Feng Zikai &#20016;&#23376;&#24698; (1898&#8211;1975), artiste reconnu, consid&#233;r&#233; comme le pionnier des <italic>manhua</italic> &#28459;&#30011; ou caricatures de style chinois, accordait, tout comme Cai Yuanpei, une place privil&#233;gi&#233;e &#224; l&#8217;&#233;ducation esth&#233;tique et artistique.<xref ref-type="fn" rid="n20">20</xref> Persuad&#233; que la peinture traditionnelle devait &#234;tre modernis&#233;e, il d&#233;montra dans le texte intitul&#233; <italic>Zhongguo meishude yousheng</italic> &#20013;&#22269;&#32654;&#26415;&#30340;&#20248;&#32988; (La sup&#233;riorit&#233; des beaux-arts chinois) que la peinture moderne occidentale avait &#233;t&#233; orientalis&#233;e, incitant ses coll&#232;gues &#224; adh&#233;rer &#224; l&#8217;art moderne occidental.<xref ref-type="fn" rid="n21">21</xref> Dans le pr&#233;ambule de ce texte publi&#233; en 1934, soulignant la diff&#233;rence insurmontable entre les deux cultures (<italic>bu keyuede chabie</italic> &#19981;&#21487;&#36234;&#30340;&#24046;&#21035;), il consid&#232;re que l&#8217;art moderne occidental a re&#231;u (ou subi <italic>mengle</italic> &#33945;&#20102;) l&#8217;influence de l&#8217;art oriental.<xref ref-type="fn" rid="n22">22</xref> Plus loin dans son texte, Feng utilisera <italic>shou yingxiang</italic> &#21463;&#24433;&#21709; (recevoir, obtenir, accepter&#8230; l&#8217;influence).<xref ref-type="fn" rid="n23">23</xref> <italic>Yingxiang</italic> est aussi le terme choisi pour d&#233;signer la r&#233;action des artistes europ&#233;ens d&#233;couvrant les gravures japonaises <italic>ukiyo-e</italic>, qui leur apport&#232;rent une avanc&#233;e (<italic>suode</italic> &#25152;&#24471;) incontestable dans l&#8217;usage des couleurs, en s&#8217;appropriant (<italic>xide</italic> &#20064;&#24471;) leur mode d&#8217;utilisation.</p>
<p>Feng rappelle aussi les relations entre peinture chinoise et peinture japonaise. Dans ce texte, il pr&#233;cise que cette derni&#232;re proc&#232;de compl&#232;tement de la premi&#232;re (<italic>wanquan chuyu</italic> &#23436;&#20840;&#20986;&#20110;), qu&#8217;elle n&#8217;en est qu&#8217;une variante (<italic>shi&#8230; yizhong</italic> &#26159;&#8230;&#19968;&#31181;), une ramification (<italic>fenzhi</italic> &#20998;&#25903;), la peinture chinoise est &#8216;p&#232;re et m&#232;re&#8217; (<italic>fumu</italic> &#29238;&#27597;) de la peinture japonaise (citant ici l&#8217;historien d&#8217;art japonais Nakamura Fusetsu). Toute la culture japonaise est import&#233;e (<italic>bolai</italic> &#33334;&#26469;) de Chine (citant Ise Keiichiro), elle a &#233;t&#233; stimul&#233;e (<italic>ciji</italic> &#21050;&#28608;) par la culture chinoise. Les &#233;coles japonaises florissantes sont le reflet (<italic>fanying</italic> &#21453;&#26144;) de la peinture chinoise.</p>
<p>Feng Zikai d&#233;fend la th&#232;se d&#8217;une &#8216;orientalisation&#8217; de la peinture impressionniste, puis post-impressionniste. Celles-ci ont b&#233;n&#233;fici&#233; d&#8217;une &#8216;bonne influence&#8217; ou <italic>ganhua</italic> &#24863;&#21270;<xref ref-type="fn" rid="n24">24</xref> de la peinture japonaise. Feng emploie aussi le terme <italic>anshi</italic> &#26263;&#31034; (suggestion) que Janicot traduit par &#8216;inspirer&#8217;, pour pr&#233;ciser les caract&#233;ristiques de cette influence. Les impressionnistes ont donc adopt&#233; (<italic>qu</italic> &#21462; ou &#21435;) l&#8217;approche orientale.</p>
<p>Affirmant la supr&#233;matie de l&#8217;art oriental sur l&#8217;art moderne europ&#233;en en ce d&#233;but du XX<sup>e</sup> si&#232;cle, Feng consid&#232;re le premier comme le ma&#238;tre &#224; penser (<italic>daoshi</italic> &#23548;&#24072;) du deuxi&#232;me, le guide des artistes de la modernit&#233; tel que Kandinsky.</p>
<p>Pour d&#233;signer cette rencontre de deux esth&#233;tiques initialement inconciliables, Feng utilise le caract&#232;re <italic>jian</italic> &#28176; dans l&#8217;expression <italic>xijian</italic> &#35199;&#28176;, dont aucun dictionnaire ne donne de traduction. En revanche, l&#8217;expression oppos&#233;e <italic>dongjian</italic> &#19996;&#28176; est plus courante : &#8216;Propagation ou diffusion graduelle (de la civilisation occidentale vers l&#8217;Orient)&#8217;. <italic>Xijian</italic> peut donc se traduire par &#8216;infiltration de la culture occidentale par la culture orientale&#8217;,<xref ref-type="fn" rid="n25">25</xref> pour reprendre le titre d&#8217;un ouvrage c&#233;l&#232;bre &#233;dit&#233; en 1915.<xref ref-type="fn" rid="n26">26</xref> Feng Zikai d&#233;signe l&#8217;engouement des artistes impressionnistes pour la peinture orientale par <italic>jingtan</italic> &#24778;&#21497; (s&#8217;&#233;merveiller, pousser une exclamation d&#8217;&#233;tonnement). Feng utilisera aussi <italic>ciji</italic> &#21050;&#28608; (stimuler). Feng Zikai affirme la position pionni&#232;re <italic>xianjue</italic> &#20808;&#35273; (prendre conscience avant les autres) de la peinture chinoise du paysage et de la nature morte.<xref ref-type="fn" rid="n27">27</xref> Concernant la conception de la nature et sa repr&#233;sentation dans la peinture, il oppose l&#8217;esprit &#233;troit, mesquin (<italic>bianxia</italic> &#35082;&#29421;) des Occidentaux, &#224; la vue large, vaste, immense des Chinois (<italic>boda</italic> &#21338;&#22823;). Feng Zikai s&#8217;attache &#224; montrer la ressemblance (<italic>jinsi</italic> &#36817;&#20284;) entre les th&#233;ories picturales de l&#8217;Antiquit&#233; chinoise, plus particuli&#232;rement la notion de &#8216;rythme spirituel&#8217; qu&#8217;il rapproche des id&#233;es d&#233;velopp&#233;es par Kandinsky dans <italic>Du spirituel dans l&#8217;art</italic>.<xref ref-type="fn" rid="n28">28</xref> Il insiste ainsi sur l&#8217;avance (<italic>xianjin</italic> &#20808;&#36827;) de la pens&#233;e esth&#233;tique chinoise sur les th&#233;ories occidentales.</p>
<p>La tentative comparatiste de Feng Zikai s&#8217;appuie d&#8217;une part sur une connaissance approfondie de la calligraphie chinoise dont il pr&#233;sente longuement les crit&#232;res de jugement et, d&#8217;autre part, sur une approche moins rigoureuse de l&#8217;art occidental qui suscitait beaucoup d&#8217;int&#233;r&#234;t au Japon, un engouement que d&#233;crit l&#8217;historien d&#8217;art Shinichi Segui dans &#8216;Kandinsky et l&#8217;Orient&#8217;.<xref ref-type="fn" rid="n29">29</xref></p>
</sec>
<sec>
<title>Entre d&#233;chirement et engagement : Lin Fengmian et Lu Xun</title>
<p>Li Xianting (<xref ref-type="bibr" rid="B18">1989</xref>), d&#233;crit le malaise de diff&#233;rentes personnalit&#233;s du mouvement culturel du Quatre mai confront&#233;es aux valeurs de l&#8217;Occident. Lin Fengmian est consid&#233;r&#233; comme un artiste &#8216;d&#233;chir&#233;&#8217;, &#8216;&#233;cartel&#233;&#8217; (<italic>siche</italic> &#25749;&#25199;), pris dans un entrelacement des cultures orientale et occidentale (<italic>jiaozhi</italic> &#20132;&#32455;). En ambitionnant de siniser l&#8217;art moderne occidental, il tente de surpasser les limites de ces deux conceptions de l&#8217;art.<xref ref-type="fn" rid="n30">30</xref> De m&#234;me la position de Lu Xun, &#233;crivain tiraill&#233; entre la culture chinoise et la modernit&#233; occidentale est qualifi&#233;e de douloureuse (<italic>tongku</italic> &#30171;&#33510;). Les artistes du mouvement du Quatre mai devaient aussi opter entre &#8216;se retirer du monde&#8217;, &#224; l&#8217;instar des peintres lettr&#233;s ou des artistes de l&#8217;art pour l&#8217;art s&#8217;enfermant dans une tour d&#8217;ivoire ; ou &#8216;entrer dans le monde&#8217;, d&#233;fendant un art engag&#233;, inscrit dans la soci&#233;t&#233;, avec le risque de transformer les &#339;uvres en objets utilitaires. Pour Li, Lu Xun, en initiant le mouvement de la Nouvelle gravure sur bois, a su &#8216;saisir comment l&#8217;art en m&#234;me temps qu&#8217;il pr&#233;servait l&#8217;esprit d&#8217;entrer dans le monde pouvait aussi transcender sa nature utilitaire&#8217;. Ce mouvement artistique a donc su r&#233;soudre avec succ&#232;s le dilemme entre &#8216;s&#8217;inscrire dans le monde&#8217; et &#8216;sortir du monde&#8217;. En effet, si Lu Xun mettait en garde contre un art moderne &#224; la mani&#232;re chinoise (<italic>Zhongguo fengge zhuyi de xiandai yishu</italic> &#20013;&#22269;&#39118;&#26684;&#20027;&#20041;&#30340;&#29616;&#20195;&#33402;&#26415;) et contre l&#8217;imitation de l&#8217;art moderne occidental, dans sa d&#233;fense de la Nouvelle gravure sur bois il incitait cependant les artistes &#224; exp&#233;rimenter les techniques de la gravure allemande, en particulier les artistes de <italic>Die Br&#252;cke</italic> qu&#8217;il appr&#233;ciait. Apr&#232;s Yan&#8217;an, en 1942, ce mouvement artistique s&#8217;est mis au service de la propagande signant, selon Li Xianting, son arr&#234;t de mort.</p>
<p>Pour Li Xianting, l&#8217;art mao&#239;ste, apr&#232;s 1949, a accept&#233; le point de vue de l&#8217;art r&#233;aliste socialiste de l&#8217;Union sovi&#233;tique, <italic>jieshou</italic> &#25509;&#21463;, le terme &#8216;socialiste&#8217; &#233;tant pour l&#8217;auteur synonyme d&#8217;utilitariste, un art qui se prostitue en quelque sorte et se met au service de la politique : il en parle comme d&#8217;une jeune fille qui se laisse utiliser et farder par la politique&#8230;<xref ref-type="fn" rid="n31">31</xref></p>
</sec>
</sec>
<sec>
<title>Le discours des critiques d&#8217;art contemporains</title>
<sec>
<title>L&#8217;analyse de l&#8217;art abstrait de Li Xianting</title>
<p>D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1980, Li Xianting, alors r&#233;dacteur en chef de <italic>Meishu</italic>, la revue officielle des &#8216;travailleurs de l&#8217;art&#8217;, publie plusieurs textes sur l&#8217;art abstrait : <italic>Essai th&#233;orique sur la conscience esth&#233;tique abstraite de la peinture classique chinoise</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B17">1983</xref>) et <italic>L&#8217;abstraction pure est le d&#233;veloppement rationnel de la peinture chinoise au lavis</italic> (1985). Il propose d&#8217;&#233;lucider les origines de l&#8217;art abstrait chinois, en sugg&#233;rant une filiation avec la pratique de la calligraphie et du lavis. Deux d&#233;cennies plus tard, il reprend sa r&#233;flexion dans le catalogue de l&#8217;exposition <italic>Chapelet et traits de pinceau</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B20">2003</xref>) pr&#233;sent&#233;e &#224; l&#8217;espace BTAP (Beijing Tokyo Art Project).</p>
<p>Sans toutefois mentionner l&#8217;engagement de Cai Yuanpei, Li compare l&#8217;art &#224; la religion qui &#8216;apporte le m&#234;me r&#233;confort de l&#8217;&#226;me&#8217;. Concernant la Nouvelle vague de 1985, &#233;voquant les emprunts &#224; l&#8217;art occidental, il utilise l&#8217;expression <italic>jiejian</italic> &#20511;&#37492; dont le sens est &#8216;emprunter un miroir pour mieux voir ; tirer le&#231;on, avertissement de l&#8217;histoire ou des malheurs d&#8217;autrui ; prendre pour mod&#232;le&#8217; (<italic>Grand Ricci Num&#233;rique</italic>). En ce qui concerne l&#8217;art abstrait chinois, Li conc&#232;de que &#8216;l&#8217;abstraction du lavis &#224; l&#8217;encre de Chine, pour l&#8217;essentiel, n&#8217;a pas d&#233;pass&#233; (<xref ref-type="bibr" rid="B9"><italic>meiyou chaochu</italic> &#27809;&#26377;&#36229;&#20986;</xref>) les mod&#232;les de langage de l&#8217;abstraction occidentale et de l&#8217;expressionnisme abstrait&#8217;. Dans un article de 1990 intitul&#233; &#8216;Se distinguer de l&#8217;art abstrait occidental et toujours pr&#233;server la quintessence du maniement du pinceau de la tradition chinoise&#8217; Li identifie deux pratiques positives qu&#8217;il nomme &#8216;distinguer de&#8217; et &#8216;ne pas faire &#233;cho &#224;&#8217; (ou &#8216;ne pas plagier&#8217;).<xref ref-type="fn" rid="n32">32</xref> Li Xianting est &#224; la recherche d&#8217;&#8216;un art abstrait d&#8217;un nouveau genre venu d&#8217;une transformation des ressources naturelles de la tradition&#8217;, et non d&#8217;une influence de l&#8217;Occident, en particulier de l&#8217;art minimal. Il rep&#232;re de telles &#339;uvres par exemple chez Chen Xiangxun &#38472;&#21521;&#36805;, n&#233; en 1956 ou chez Li Huasheng &#26446;&#21326;&#29983;, n&#233; en 1944 En revanche, Li Xianting souligne que les artistes abstraits de Shanghai, qui ont initi&#233; leur recherche au milieu des ann&#233;es 1980 (Ding Yi, Yu Youhan ou encore Wang Ziwei), ont &#233;t&#233; stimul&#233;s par les &#339;uvres minimalistes occidentales (<italic>shoudao qifa</italic> &#21463;&#21040;&#21551;&#21457;),<xref ref-type="fn" rid="n33">33</xref> ces derni&#232;res ayant &#233;largi leur champ de vision (<italic>dakai le yanjie</italic> &#25171;&#24320;&#20102;&#30524;&#30028;).<xref ref-type="fn" rid="n34">34</xref> Mais ces artistes ancrent aussi leur pratique, selon lui, dans les textes canoniques de l&#8217;Antiquit&#233; chinoise. Pour d&#233;crire le travail de Yu Youhan, Li &#233;crit :</p>
<disp-quote>
<p>Mais, chez eux [les artistes de Shanghai], surtout chez Yu Youhan, il y a un autre aspect, c&#8217;est l&#8217;influence profonde de la philosophie chinoise, surtout de la pens&#233;e de Lao Zi, &#8216;un engendre deux, deux engendre trois, trois engendre les dix mille &#234;tres, les dix mille &#234;tres appartiennent au Dao, la grande voie n&#8217;a pas de forme&#8217;&#8230;,<xref ref-type="fn" rid="n35">35</xref> un processus continuel d&#8217;accumulation d&#8217;extr&#234;me simplicit&#233;, et c&#8217;est &#224; chaque fois comme un processus de mise en ordre, qui ram&#232;ne l&#8217;art aux formes et aux couleurs m&#234;mes les plus pures, les plus simples, qui retourne au Dao, au n&#233;ant et &#224; la fadeur de la vie humaine.<xref ref-type="fn" rid="n36">36</xref></p>
</disp-quote>
<p>Sans cacher son embarras quant &#224; la nature des &#339;uvres qu&#8217;il d&#233;fend dans l&#8217;exposition <italic>Chapelet et traits de pinceau</italic>, des &#339;uvres r&#233;alis&#233;es en complexifiant par la r&#233;p&#233;tition d&#8217;un geste simple, Li h&#233;site entre plusieurs influences possibles : l&#8217;art minimal occidental, les pratiques f&#233;minines traditionnelles comme la broderie ou les arts populaires (par exemple les papiers d&#233;coup&#233;s). Il conclut son texte par ce constat : &#8216;<italic>xi zhong you dong, dong zhong you xi</italic> &#35199;&#20013;&#26377;&#19996;&#65292;&#19996;&#20013;&#26377;&#35199; (dans l&#8217;Occident il y a l&#8217;Orient, dans l&#8217;Orient il y a l&#8217;Occident)&#8217;. En lisant Li Xianting, l&#8217;id&#233;e qu&#8217;une culture se partage et se nourrit aux contacts d&#8217;autres cultures l&#8217;emporte sur la notion de choc, de conflit ou de supr&#233;matie, une interpr&#233;tation conflictuelle pr&#233;sente on l&#8217;a vu chez Feng Zikai ou, comme on va le voir plus bas, chez Gao Minglu.</p>
<p>Tout comme au d&#233;but du XX<sup>e</sup> si&#232;cle, la culture japonaise reste un rep&#232;re pour les auteurs chinois. Ainsi Li insiste dans ce texte sur la &#8216;contribution&#8217; (<italic>gongxian</italic> &#36129;&#29486;) au d&#233;veloppement de l&#8217;art abstrait (chinois et occidental) de l&#8217;&#233;cole japonaise Bokusho (<italic>Moxiangpai</italic> &#22696;&#35937;&#27966;),<xref ref-type="fn" rid="n37">37</xref> contribution largement ignor&#233;e, selon lui, par les milieux de l&#8217;histoire de l&#8217;art dans le monde (2003 : 11). De m&#234;me, Gao Minglu dans <italic>Yipailun</italic> &#24847;&#27966;&#35770; (2009) insiste sur les liens qui rapprochent et distinguent les artistes qu&#8217;il pr&#233;sente sous l&#8217;&#233;tiquette <italic>yipai</italic> avec les artistes japonais du Mono-ha (<italic>wupai</italic> &#29289;&#27966; ou l&#8217;&#233;cole des choses).</p>
<p>L&#8217;inclination comparatiste entre l&#8217;art moderne occidental, le lavis et la calligraphie chinoise que j&#8217;ai &#233;voqu&#233;e chez Feng Zikai est ainsi toujours pr&#233;sente, plus de 70 ans plus tard, chez Li Xianting. C&#8217;est aussi le cas chez Gao Minglu, premier historien de l&#8217;art contemporain chinois, qui s&#8217;attache dans l&#8217;ensemble de ses &#233;crits &#224; pr&#233;ciser les caract&#233;ristiques de la modernit&#233; chinoise (Gao Minglu &#39640;&#21517;&#28510; et al. 1991).</p>
</sec>
<sec>
<title>Le lexique pris&#233; par Gao Minglu</title>
<p>Dans le texte &#8216;Il n&#8217;y a pas d&#8217;histoire lin&#233;aire&#8211;R&#233;flexions sur le r&#233;cit de l&#8217;art contemporain chinois&#8217;, publi&#233; (en chinois) en 2010, l&#8217;auteur rappelle l&#8217;attitude des artistes chinois partis &#233;tudier &#224; l&#8217;&#233;tranger (dans les ann&#233;es 1920 ainsi que dans les ann&#233;es 1950), en particulier en Union sovi&#233;tique. Il montre comment ces &#233;tudiants, malgr&#233; leur ouverture &#224; la modernit&#233;, ont &#233;t&#233; attir&#233;s non par les pionniers de l&#8217;art moderne, mais par la g&#233;n&#233;ration pr&#233;c&#233;dente, celle des Ambulants<xref ref-type="fn" rid="n38">38</xref> et des r&#233;alistes critiques russes, alors que le r&#233;alisme &#233;tait depuis longtemps obsol&#232;te en Europe, o&#249; la sc&#232;ne artistique &#233;tait domin&#233;e par l&#8217;impressionnisme, le fauvisme, l&#8217;expressionnisme ou encore le cubisme et l&#8217;art abstrait. Gao d&#233;signe cet &#233;cart, ou d&#233;calage, par un terme issu du vocabulaire m&#233;dical : <italic>cuowei</italic> &#38169;&#20301;, litt&#233;ralement &#8216;position erron&#233;e&#8217;. Ce concept <italic>cuowei</italic> est soigneusement pr&#233;sent&#233; dans le texte de 2007, &#8216;Dislocation de la modernit&#233; : repenser le discours sur l&#8217;art contemporain chinois&#8217;. Dans diff&#233;rents textes r&#233;dig&#233;s en anglais, <italic>cuowei</italic> est rendu par &#8216;dislocation&#8217;. Pour Gao qui plaide un discours non lin&#233;aire&#8211;afin de renouveler le discours historique en mettant en &#233;vidence des relations non plus temporelles mais spatiales&#8211;les emprunts de la Chine aux cultures &#233;trang&#232;res ont toujours conduit &#224; une r&#233;invention, une sinisation. Ainsi, tout comme le bouddhisme qui a pris racine (<italic>shenggen</italic> &#29983;&#26681;) en Chine, puis s&#8217;est sinis&#233;, l&#8217;art contemporain chinois n&#8217;est pas une simple r&#233;plique (<italic>fuzhipin</italic> &#22797;&#21046;&#21697;) de l&#8217;art contemporain occidental ou une copie (<italic>mofan</italic>g &#27169;&#20223;) (2007 : 31) m&#234;me si tous les mod&#232;les de l&#8217;art contemporain chinois ont &#233;t&#233; import&#233;s de l&#8217;Occident (<italic>bolai</italic> &#33334;&#26469; ou encore <italic>yinjin</italic> &#24341;&#36827;). Pour d&#233;celer les logiques &#224; l&#8217;&#339;uvre, Gao prend en compte les relations qu&#8217;il qualifie de &#8216;spatiales&#8217;&#8211;interactions (<italic>hudong</italic> &#20114;&#21160;), influence (<italic>yingxiang</italic> &#24433;&#21709;), dialogue (<italic>duihua</italic> &#23545;&#35805;), critique (<italic>pipan</italic> &#25209;&#21028;) et rejet (<italic>paichi</italic> &#25490;&#26021;)&#8211;entre des ph&#233;nom&#232;nes (<italic>xianxiang</italic> &#29616;&#35937;) qui se sont produits &#224; des p&#233;riodes diff&#233;rentes et il propose une m&#233;thode afin de trouver des relations historiques avec une logique &#8216;intrins&#232;que&#8217; (<italic>neizai heli de lishi lianxi</italic> &#20869;&#22312;&#21512;&#29702;&#30340;&#21382;&#21490;&#32852;&#31995;) (2010 : 47). Dans l&#8217;exemple de l&#8217;art des ann&#233;es 1960 qu&#8217;il choisit pour illustrer son propos, ces relations, qui tout en &#233;tant li&#233;es &#224; la temporalit&#233;, ne sont pas synchrones. C&#8217;est cette situation qu&#8217;il d&#233;signe par <italic>cuowei</italic> &#38169;&#20301;. Ainsi il compare la peinture embl&#233;matique de &#8216;l&#8217;art des cicatrices&#8217; de Cheng Conglin &#31243;&#19995;&#26519; (n&#233; en 1954), <italic>Neige tel jour, tel mois de 1968</italic>, avec les &#339;uvres de Vasily Surikov (1848&#8211;1916), membre des Ambulants. Il souligne une m&#234;me attention &#224; une sc&#232;ne r&#233;aliste, une m&#234;me dramatisation des relations entre les personnages, montrant que les artistes du mouvement des cicatrices, apr&#232;s la fin de la R&#233;volution culturelle, ont repris comme mod&#232;le de r&#233;f&#233;rence de la modernit&#233; chinoise le r&#233;alisme russe, tout comme l&#8217;avait fait la g&#233;n&#233;ration des ann&#233;es 1950.<xref ref-type="fn" rid="n39">39</xref> Apr&#232;s la R&#233;volution culturelle, comme depuis le d&#233;but du XX<sup>e</sup> si&#232;cle, l&#8217;art devait en effet participer &#224; l&#8217;&#233;ducation du peuple, les &#339;uvres r&#233;alistes sont les plus &#224; m&#234;me de remplir cette mission.</p>
<p>Cette dislocation de la modernit&#233; est attest&#233;e par le destin tragique de l&#8217;art moderne chinois, un ensemble de mouvements que Gao situe d&#232;s les ann&#233;es 1930,<xref ref-type="fn" rid="n40">40</xref> dont les &#339;uvres sont consid&#233;r&#233;es par la critique, le plus souvent, comme des imitations de produits import&#233;s (&#8216;<italic>bolaipin&#8217;de mofang</italic> &#8216;&#33334;&#26469;&#21697;&#8216;&#30340;&#27169;&#20223;). Ces mouvements sont rest&#233;s marginaux contrairement au r&#233;alisme, sauveur de la patrie. Dans les ann&#233;es 1990, le r&#233;alisme encore, mais trait&#233; avec cynisme, aura la faveur du public. Gao le juge s&#233;v&#232;rement en le consid&#233;rant comme un art d&#233;ficient <italic>shiluo</italic> &#22833;&#33853; (&#233;gar&#233;), <italic>duoluo</italic> &#22549;&#33853; (d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;), <italic>queshao</italic> &#32570;&#23569; (d&#233;ficient) (2007 : 32). Aussi il d&#233;nonce avec raison un &#233;cart (<italic>cuowei)</italic> dans les crit&#232;res de jugement des critiques occidentaux : les crit&#232;res de la modernit&#233; pour appr&#233;cier l&#8217;art occidental, privil&#233;giant des qualit&#233;s plastiques et artistiques ; et les crit&#232;res du r&#233;alisme, en accordant de l&#8217;importance au sujet, pour &#233;valuer l&#8217;art chinois, une attitude qui t&#233;moigne selon lui d&#8217;un exotisme paresseux.<xref ref-type="fn" rid="n41">41</xref></p>
<p>Ce r&#233;alisme contemporain, illustr&#233; par le pop politique et le r&#233;alisme cynique, r&#233;sulte d&#8217;un m&#233;tissage&#8211;<italic>hunxue</italic> &#28151;&#34880; (mot &#224; mot, &#8216;m&#233;langer le sang&#8217;) du r&#233;alisme socialiste et de la culture pop am&#233;ricaine. Gao les compare au &#8216;Sots Art&#8217; de l&#8217;Union sovi&#233;tique des ann&#233;es 1970, une filiation qu&#8217;il qualifie de <italic>yiqutonggong</italic> &#24322;&#26354;&#21516;&#24037;, soit &#8216;par des voies diff&#233;rentes, obtenir des r&#233;sultats aussi brillants&#8217; ou &#8216;m&#234;me habilet&#233;, moyens diff&#233;rents&#8217; (2007 : 39). Pop politique et r&#233;alisme cynique sont la cons&#233;quence de l&#8217;introduction &#8216;en int&#233;gralit&#233;&#8217; (<italic>quanmian jinru</italic> &#20840;&#38754;&#36827;&#20837;) du post-modernisme occidental en Chine, en raison d&#8217;une situation politique et &#233;conomique favorable. Gao sugg&#232;re que ces deux styles &#8216;sont le produit d&#8217;une combinaison (<italic>jiehe</italic> &#32467;&#21512;) et d&#8217;un dialogue (<italic>duihua</italic> &#23545;&#35805;) entre l&#8217;&#233;tat d&#8217;esprit de la soci&#233;t&#233; chinoise et des th&#233;ories postmodernes occidentales&#8217; (2007 : 39).</p>
<p>Gao note aussi une &#8216;dislocation&#8217; th&#233;orique, r&#233;sultant d&#8217;un d&#233;s&#233;quilibre entre les textes post-modernes qui ont alors &#8216;inond&#233;&#8217; la Chine, textes essentiellement &#224; vis&#233;e politique traitant du f&#233;minisme, du post-colonialisme, du pluralisme, de l&#8217;orientalisme, du nouveau marxisme&#8230; et les th&#233;ories esth&#233;tiques et philosophiques post-structurales qui, bien que pr&#233;sent&#233;es d&#232;s les ann&#233;es 1980, sont rest&#233;es confidentielles&#8211;qu&#8217;il s&#8217;agisse de la linguistique post-structurale (de Barthes) ou de la philosophie d&#233;constructiviste de Derrida.<xref ref-type="fn" rid="n42">42</xref> Ainsi l&#8217;enthousiasme des chinois pour le postmodernisme a &#233;t&#233; priv&#233; du soutien de l&#8217;esth&#233;tique et de la philosophie. Cette situation a affaibli les d&#233;marches artistiques et critiques qui se sont conform&#233;es au go&#251;t des acheteurs ext&#233;rieurs et, &#224; l&#8217;int&#233;rieur, &#224; la vulgarit&#233; populaire. Les artistes, pour la plupart rang&#233;s sous la banni&#232;re du pop politique et du r&#233;alisme cynique, ont ainsi repris m&#233;caniquement les proc&#233;d&#233;s de l&#8217;assemblage et de l&#8217;emprunt en les vidant de leur pouvoir s&#233;mantique (2007 : 41).</p>
<p>Ces &#8216;dislocations&#8217; entre le modernisme et post-modernisme occidental et chinois ont caus&#233;, selon Gao, la mise &#224; l&#8217;&#233;cart d&#8217;&#339;uvres conceptuelles qui n&#8217;ont pas trouv&#233; leur place dans un pays satur&#233; de politique et d&#8217;id&#233;ologie. Ces tendances proches de &#8216;de l&#8217;art pour l&#8217;art&#8217; ont &#233;t&#233; jug&#233;es trop formalistes, trop &#233;litistes, trop d&#233;pendantes de l&#8217;art occidental, s&#8217;inscrivant dans la continuit&#233; de l&#8217;art moderne chinois initi&#233; au d&#233;but du XX<sup>e</sup> si&#232;cle ou encore dans la copie (reproduction sans autorisation <italic>fanban</italic> &#32763;&#29256;) de l&#8217;art moderne occidental. &#8216;L&#8217;indig&#233;nisation&#8217; du post-modernisme en Chine (<italic>bentuhua</italic> &#26412;&#22303;&#21270;) est responsable de la n&#233;gligence pour ces pratiques conceptuelles que Gao appelle &#224; r&#233;&#233;valuer en tenant compte de la complexit&#233; et des paradoxes du modernisme chinois.</p>
<p>Si dans les ann&#233;es 1920 et 1930, les artistes des &#233;coles modernistes ont &#8216;subverti&#8217; l&#8217;&#233;ducation artistique traditionnelle&#8211;<italic>dianfu</italic> &#39072;&#35206;, selon le terme qu&#8217;utilise Gao Minglu&#8211;en sens inverse, dans les ann&#233;es 1990, c&#8217;est le concept classique <italic>yi</italic>, qu&#8217;il pr&#233;sente longuement dans son livre <italic>Th&#233;orie de l&#8217;&#233;cole du yi</italic> (2009), qui a pour mission de subvertir le fondement&#8211;selon lui&#8211;de l&#8217;art occidental, c&#8217;est &#224; dire le concept de repr&#233;sentation.</p>
</sec>
<sec>
<title>Quelques termes utilis&#233;s par L&#252; Peng</title>
<p>En 2013 c&#8217;est sous la notion d&#8217;influence qu&#8217;un des plus imminents historiens d&#8217;art chinois, L&#252; Peng (n&#233; en 1956), pr&#233;sente l&#8217;art du d&#233;but du XX<sup>e</sup> si&#232;cle en Chine. Il intitule le premier chapitre de la version fran&#231;aise de son ouvrage <italic>Histoire de l&#8217;art chinois au XX<sup>e</sup> si&#232;cle</italic> : &#8216;Influence de la civilisation occidentale et &#233;volution de la pens&#233;e traditionnelle&#8217;. Pour analyser ce face-&#224;-face Chine-Occident, L&#252; Peng privil&#233;gie le terme de <italic>jieshou</italic> &#8216;accepter l&#8217;influence de&#8217;. Ce terme a &#233;t&#233; employ&#233; &#224; la fin du XIX<sup>e</sup> si&#232;cle au sujet des peintres de l&#8217;&#201;cole de Shanghai (<italic>jieshou xifang yingxiangde</italic> &#25509;&#21463;&#35199;&#26041;&#24433;&#21709;&#30340;)<xref ref-type="fn" rid="n43">43</xref> et au sens de &#8216;emprunt&#8217; &#224; propos des intellectuels recourant &#224; l&#8217;emprunt des outils occidentaux (<italic>jieyong xifang de gongju</italic> &#20511;&#29992;&#35199;&#26041;&#30340;&#24037;&#20855;) apr&#232;s l&#8217;&#233;chec de la r&#233;forme dite des Cent Jours (<italic>Wuxu Bianfa</italic> &#25098;&#25100;&#21464;&#27861;) de 1898. Mais <italic>jieshou</italic> est aussi rendu par &#8216;assimiler&#8217; dans la traduction fran&#231;aise (&#8216;accepter&#8217; la pens&#233;e artistique occidentale <italic>jieshou xifang yishu sixiang</italic> &#25509;&#21463;&#35199;&#26041;&#33402;&#26415;&#24605;&#24819;),<xref ref-type="fn" rid="n44">44</xref> une sur-traduction apportant une coloration organique.</p>
<p>Dans ce conflit (<italic>chongtu</italic> &#20914;&#31361;) entre tradition et modernisation, L&#252; Peng recommande de ne pas se couper (<italic>duan</italic> &#26029;) de la culture classique, s&#8217;appuyant sur Jiang Menglin &#33931;&#26790;&#40607; (1886&#8211;1964) qui a poursuivi des &#233;tudes en Californie en 1908. &#201;l&#232;ve de John Dewey, Jiang fut &#233;crivain, grand universitaire, pr&#233;sident de l&#8217;universit&#233; de P&#233;kin et de l&#8217;universit&#233; du Zhejiang, ministre de l&#8217;&#201;ducation (1928&#8211;1930). Dans l&#8217;extrait choisi par L&#252; Peng, Jiang insiste sur la n&#233;cessit&#233; d&#8217;une compr&#233;hension approfondie de sa propre culture pour appr&#233;hender la culture occidentale, qu&#8217;il a lui-m&#234;me absorb&#233;e, assimil&#233;e (<italic>xishou</italic> &#21560;&#25910;), dig&#233;r&#233;e (<italic>xiaohua</italic> &#28040;&#21270;). Le terme organique &#8216;dig&#233;rer&#8217; revient dans de nombreux textes d&#8217;auteurs contemporains (par exemple chez Gao Minglu, Lu Hong). Il s&#8217;agit d&#8217;assimiler &#224; la fois la quintessence de la pens&#233;e chinoise classique, confucianiste, ainsi que les th&#233;ories occidentales, en particulier celles des grands auteurs de la critique d&#8217;art tel que Venturi.<xref ref-type="fn" rid="n45">45</xref></p>
</sec>
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<title>Conclusion</title>
<p>Ce parcours rapide &#224; travers les diff&#233;rentes expressions qualifiant la rencontre entre la Chine et l&#8217;Occident met en &#233;vidence un lexique qui puise parfois dans le registre botanique, voire organique. Que ce soit au d&#233;but du XX<sup>e</sup> si&#232;cle ou pr&#232;s d&#8217;un si&#232;cle plus tard, il t&#233;moigne de l&#8217;ouverture d&#8217;esprit des diff&#233;rents auteurs pour qui l&#8217;emprunt vient enrichir les pratiques et invite aussi &#224; repenser la tradition. Les influences Chine-Occident ont nourri les artistes et les th&#233;oriciens &#224; l&#8217;Est comme &#224; l&#8217;Ouest, elles ont aussi laiss&#233; des traces dans la langue chinoise &#233;tudi&#233;e ici. Gao Minglu insiste &#224; juste titre sur la &#8216;dislocation&#8217; entre les modernit&#233;s occidentale et chinoise qui ont suivi chacune un d&#233;veloppement propre. L&#8217;expression <italic>cuowei</italic> se rapproche de la notion d&#8217;&#8216;&#233;cart&#8217; que Fran&#231;ois Jullien (<xref ref-type="bibr" rid="B12">2016</xref>) met en avant dans ses nombreux travaux. Pour ces diff&#233;rents auteurs, l&#8217;&#233;cart est f&#233;cond, la culture est un bien &#224; partager, aucune production ne devrait &#234;tre contrainte par des fronti&#232;res.</p>
<p>Cependant dans un contexte de nationalisme exacerb&#233;, l&#8217;opposition syst&#233;matique des cultures est soutenue par la sph&#232;re politique qui nourrit une m&#233;fiance envers l&#8217;Occident, m&#233;fiance joliment formul&#233;e par Deng Xiaoping alors qu&#8217;il mettait en &#339;uvre l&#8217;ouverture de son pays : &#8216;Si la Chine ouvre ses portes, des mouches entreront forc&#233;ment&#8217;. Ce rejet des id&#233;es occidentales par le Parti est toujours d&#8217;actualit&#233;. Hu Jintao, puis Xi Jinping pr&#233;conisent de &#8216;r&#233;sister aux forces hostiles qui tentent d&#8217;occidentaliser notre culture&#8217;, et incitent &#224; &#8216;exporter la culture chinoise&#8217;.<xref ref-type="fn" rid="n46">46</xref> Parfois Gao Minglu a aussi &#233;t&#233; accus&#233; de &#8216;brandir son concept <italic>yi</italic> comme une arme pour d&#233;fier toute la culture occidentale&#8217;, mais cette arme &#8216;reste d&#233;risoire&#8217;.<xref ref-type="fn" rid="n47">47</xref></p>
<p>Le nationalisme engendre une vision ethnocentr&#233;e de la culture qui reste tributaire de ce qu&#8217;&#201;ric Michaud, dans <italic>Les invasions barbares</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B25">2015 : 113-41</xref>), appelle la racialisation de l&#8217;histoire de l&#8217;art, o&#249; l&#8217;art est rattach&#233; &#224; un peuple, &#224; l&#8217;&#226;me de ce peuple, un consensus aussi vieux que l&#8217;histoire de l&#8217;art elle-m&#234;me.</p>
</sec>
</body>
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<fn-group>
<fn id="n1"><p>Par exemple &#8216;<italic>Yu lang gong wu titian xingdao</italic> &#19982;&#29436;&#20849;&#33310; &#26367;&#22825;&#34892;&#36947; (Danser avec les loups, faire justice au nom du ciel)&#8217;, texte de Wang Lin (<xref ref-type="bibr" rid="B28">2009 : 201</xref>).</p></fn>
<fn id="n2"><p><italic>Yi yi gongyi</italic> &#20197;&#22839;&#25915;&#22839; soit : &#8216;&#224; l&#8217;aide d&#8217;un (peuple) barbare, contenir un (autre peuple) barbare&#8217;. Wei Yuan pr&#233;conise cette strat&#233;gie dans son c&#233;l&#232;bre <italic>Hai Guo Tu Zhi</italic> &#28023;&#22269;&#22270;&#24535; ou <italic>M&#233;moire illustr&#233; sur les pays de la mer</italic>, publi&#233; en 1842. Il proposait de recourir aux techniques &#233;trang&#232;res et d&#8217;opposer les unes aux autres les nations qui s&#8217;attaquaient &#224; la Chine. Ses connaissances de l&#8217;Occident influenc&#232;rent non seulement tous les lettr&#233;s et fonctionnaires chinois jusqu&#8217;&#224; la fin du XIX<sup>e</sup> si&#232;cle, mais aussi les r&#233;formateurs de l&#8217;&#232;re Meiji au Japon o&#249; son &#339;uvre fut traduite d&#232;s 1854&#8211;1856.</p></fn>
<fn id="n3"><p>Par exemple en janvier <xref ref-type="bibr" rid="B18">1986</xref> (8&#8211;12), dans le texte de Li Xianting &#8216;D&#233;veloppement rationnel de la peinture chinoise au lavis&#8217;, publi&#233; dans <italic>Meishu</italic>. Li reprend cette expression pour qualifier la th&#233;orie qui accompagne les innovations et transformations de la peinture traditionnelle chinoise.</p></fn>
<fn id="n4"><p>Sur l&#8217;introduction des concepts artistiques et l&#8217;influence de V&#233;ron au Japon, voir Lucken (<xref ref-type="bibr" rid="B22">2001 : 23&#8211;7</xref>), sur Fenollosa, voir Lucken (<xref ref-type="bibr" rid="B22">2001 : 36&#8211;7</xref>). Le livre de Fenollosa est <italic>Bijutsu shinsetsu</italic>&#32654;&#26415;&#20043;&#30495;&#35867; publi&#233; &#224; T&#244;ky&#244; par les &#233;ditions Ry&#251;chi-kai en <xref ref-type="bibr" rid="B6">1882</xref>.</p></fn>
<fn id="n5"><p><italic>Danqing</italic> &#20025;&#38738;, mot &#224; mot : rouge (cinabre)&#8211;vert. Cette double expression &#233;tait synonyme de peinture, d&#8217;art pictural. <italic>Qing</italic> &#38738; d&#233;signe une couleur d&#233;finie de fa&#231;on variable selon le contexte : a. Vert (comme les v&#233;g&#233;taux) ; verd&#226;tre ; glauque. b. Bleu-vert ; bleu clair ou azur (comme le ciel) ; bleu marine. c. Blanc (comme le ciel &#224; l&#8217;aube quand il blanchit) ; clair (comme la clart&#233; du jour). d. Noir ; fonc&#233; (comme la terre). 2. a. Vert ; premi&#232;re des cinq couleurs, propre &#224; l&#8217;Est et au printemps. (<italic>Grand Ricci Num&#233;rique -GRN</italic>).</p></fn>
<fn id="n6"><p><italic>Xuan</italic> &#28843; a pour sens briller ; scintiller ; brillant ; lumineux. &#201;blouir. Mettre en lumi&#232;re ; vanter ; exalter ; <italic>qi</italic> &#22855; Extraordinaire ; merveilleux. Miracle ; merveille&#8230; (<italic>GRN</italic>).</p></fn>
<fn id="n7"><p>C&#8217;est &#8216;d&#8217;un point de vue raisonnable&#8217; qu&#8217;il faut rendre &#8216;utile ce qui est inutile&#8217;. Selon Cai, la chair des cadavres pourrait &#234;tre valoris&#233;e comme engrais&#8230; les os servir de mat&#233;riau &#224; la sculpture. Cai et Janicot (<xref ref-type="bibr" rid="B2">2007 : 91</xref>).</p></fn>
<fn id="n8"><p>Un extrait de ce texte a &#233;t&#233; publi&#233; par L&#252; (<xref ref-type="bibr" rid="B23">2007 : 84&#8211;5</xref>).</p></fn>
<fn id="n9"><p>Feng Zikai d&#233;signe par <italic>ronghe</italic> la caract&#233;ristique de la culture orientale (2007 : 159). Texte original de Feng Zikai initialement paru dans la revue Dong Fang en octobre 1930, Vol. 27, n&#176; 1, avec comme titre <italic>Zhongguo meishu zai xiandaiyishu shang de shengl</italic>i &#20013;&#22269;&#32654;&#26415;&#22312;&#29616;&#20195;&#33402;&#26415;&#19978;&#30340;&#32988;&#21033; (La victoire des beaux-arts chinois dans l&#8217;art moderne), en ligne <ext-link ext-link-type="uri" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="http://writer.arlmy.me/posts/Original_FengZiKai/Original_FengZiKai_PaintingAndLiterature_5.html">http://writer.arlmy.me/posts/Original_FengZiKai/Original_FengZiKai_PaintingAndLiterature_5.html</ext-link>, consult&#233; le 23 mars 2019.</p></fn>
<fn id="n10"><p><italic>Ronghe</italic> &#34701;&#21512; 1. Fondre et fusionner ; s&#8217;amalgamer <italic>(pr. et fig.)</italic> ; se m&#233;langer avec. Fusionn&#233; ; soud&#233; ; confluent. 2. <italic>(Ling.)</italic> Amalgame. 3. <italic>(Bible)</italic> Communion. Communier. 4. Concilier ; r&#233;concilier. (<italic>GRN</italic>).</p></fn>
<fn id="n11"><p>Hebi &#21512;&#29863; (Deux morceaux de) jade qui s&#8217;assemblent (parfaitement) : 1. &#201;poux tendrement unis ; amis intimes. 2. En harmonie (avec).] (<italic>GRN</italic>).</p></fn>
<fn id="n12"><p>Ce texte <italic>Wusi meishugeming pipan</italic> &#20116;&#22235;&#32654;&#26415;&#38761;&#21629;&#25209;&#21028; &#8216;Critique de la r&#233;volution artistique du Quatre mai&#8217;, r&#233;dig&#233; en mars 1989, a &#233;t&#233; publi&#233; initialement en 1990 dans le troisi&#232;me num&#233;ro de la revue <italic>Duoyun</italic>&#26421;&#20113;. Il est en ligne sur le site Soho &lt;<ext-link ext-link-type="uri" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="http://arts.sohu.com/20160503/n447470531.shtml">http://arts.sohu.com/20160503/n447470531.shtml</ext-link>&gt;. Consult&#233; le 9 juin 2017.</p></fn>
<fn id="n13"><p><italic>Shu</italic> &#36755;1. Transporter ; v&#233;hiculer. 2. Transf&#233;rer ; faire parvenir. 3. Remettre ; confier ; offrir ; envoyer ; pr&#233;senter (un tribut) ; payer (une taxe)&#8230; (<italic>GRN</italic>).</p></fn>
<fn id="n14"><p>Cit&#233; par Li (<xref ref-type="bibr" rid="B19">1989</xref>). &lt;arts.sohu.com, <ext-link ext-link-type="uri" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="http://arts.sohu.com/20160503/n447470531.shtml">http://arts.sohu.com/20160503/n447470531.shtml</ext-link>&gt;, mis en ligne le 3 mai 2016, consult&#233; le 9 juin 2017.</p></fn>
<fn id="n15"><p>La position de Xu Beihong provoqua un c&#233;l&#232;bre d&#233;bat avec le peintre Xu Zhimo (la controverse des &#8216;deux Xu&#8217;), Xu Zhimo d&#233;fendant l&#8217;art moderne occidental. Voir la th&#232;se de Cinquini (<xref ref-type="bibr" rid="B3">2017</xref>).</p></fn>
<fn id="n16"><p>Actifs depuis 1930, les dix membres de ce groupe, dont Ni Yide, ont organis&#233; entre 1930 et 1935 quatre expositions et publi&#233; un manifeste traduit par Janicot (2017 : 130).</p></fn>
<fn id="n17"><p>Cette position de Liu Haisu est rappel&#233;e dans un texte publi&#233; &#224; l&#8217;occasion de l&#8217;inauguration du nouveau mus&#233;e qui lui est consacr&#233; &#224; Shanghai &lt;<uri>http://www.xinhuanet.com/culture/2016-08/23/c_1119437739.htm</uri>&gt;, consult&#233; le 6 janvier 2019.</p></fn>
<fn id="n18"><p>Soit <italic>Women yao fazhan dongfang guyou de yishu, yanjiu xifang yishu de yun&#8217;ao</italic> &#25105;&#20204;&#35201;&#21457;&#23637;&#19996;&#26041;&#22266;&#26377;&#30340;&#33402;&#26415;&#65292;&#30740;&#31350;&#35199;&#26041;&#33402;&#26415;&#30340;&#34164;&#22885;, et <italic>ronghe zhongxi</italic> &#34701;&#21512;&#20013;&#35199;. &lt; <ext-link ext-link-type="uri" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="http://www.lhs-arts.org/aboutlhs/lhs.html">http://www.lhs-arts.org/aboutlhs/lhs.html</ext-link>.&gt; Consult&#233; le 9 janvier 2019.</p></fn>
<fn id="n19"><p>Il s&#8217;agit de <italic>Shitao yu houqiyinxiangpai</italic> &#30707;&#28059;&#19982;&#21518;&#26399;&#21360;&#35937;&#27966; publi&#233; le 25 ao&#251;t 1923 dans le suppl&#233;ment <italic>Xuedeng</italic> de <italic>Shishi xinbao</italic> &#26102;&#20107;&#26032;&#25253;&#65293;&#23398;&#28783;.</p></fn>
<fn id="n20"><p>Voir Laureillard (<xref ref-type="bibr" rid="B14">2015 : 399&#8211;415</xref>).</p></fn>
<fn id="n21"><p>Traduction de ce texte dans Janicot (<xref ref-type="bibr" rid="B10">2007 : 159&#8211;90</xref>). Texte original dans Feng Zikai (<xref ref-type="bibr" rid="B4">1957</xref>).</p></fn>
<fn id="n22"><p>Le sens de ce caract&#232;re meng &#33945; peut &#234;tre positif ou n&#233;gatif suivant le contexte. Selon le GRN : recevoir (une faveur) ; subir (un d&#233;sastre) ; couvrir ; recouvrir ; cacher ; voiler ; envelopper ; s&#8217;exposer &#224; ; braver ; affronter&#8230;</p></fn>
<fn id="n23"><p>Ce terme yingxiang (mot &#224; mot &#233;cho de l&#8217;ombre) est relev&#233; dans le Shu jing &#20070;&#32463; ou Livre des documents, dans le chapitre III Da Yu mo &#22823;&#31161;&#35871; (Conseils du Grand Yu). Pour une &#233;tude approfondie de ce concept dans la pens&#233;e chinoise, voir Jullien (<xref ref-type="bibr" rid="B11">2012 : 110&#8211;16</xref>).</p></fn>
<fn id="n24"><p>Ganhua &#24863;&#21270; : exercer une bonne influence sur (qn) ; convertir ; corriger. Gan a comme principaux sens : &#233;mouvoir, toucher, affecter, influencer, impressionner. Sentir, ressentir, &#233;prouver. Sentiments, &#233;motions, impressions. &#201;prouver de la reconnaissance&#8230; hua d&#233;signe la notion de changement, de transformation (GRN). Soit &#233;mouvoir-transformer, l&#8217;id&#233;e d&#8217;avoir &#233;t&#233; touch&#233; par ou &#8216;sensibilis&#233; et marqu&#233; par&#8217; (termes choisis par Janicot, 2007 : 163).</p></fn>
<fn id="n25"><p>Parmi les nombreux sens de <italic>jian</italic> &#28176;, au quatri&#232;me ton &#8216;Avancer pas &#224; pas ; p&#233;n&#233;trer graduellement&#8217;, ou au premier ton &#8216;Exercer une influence (bonne ou mauvaise) ; influencer ; p&#233;n&#233;trer peu &#224; peu (en parlant d&#8217;une coutume, une doctrine, une habitude). &#202;tre influenc&#233; ; subir une influence&#8217;.</p></fn>
<fn id="n26"><p>Il s&#8217;agit de <italic>Xi xue dong jian ji</italic> &#35199;&#23398;&#19996;&#28176;&#35760; (&#8216;Histoire de l&#8217;infiltration de la culture occidentale en Chine&#8217;), ouvrage de Rong Hong &#23481;&#38387; (1828&#8211;1912), traduit de l&#8217;anglais en 1915 par Xu Fengshi &#24464;&#20964;&#30707; et Yun Tieqiao &#24701;&#38081;&#24980;, sous le titre <italic>My Life in China and America</italic> (1909). Parti aux &#201;tats-Unis en 1847, l&#8217;auteur est le premier chinois dipl&#244;m&#233; d&#8217;une universit&#233; am&#233;ricaine (1854). Son livre raconte son exp&#233;rience d&#8217;&#233;tudiant &#224; l&#8217;universit&#233; de Yale. L&#8217;expression <italic>Xi xue dong jian</italic> &#35199;&#23398;&#19996;&#28176; est utilis&#233;e pour qualifier l&#8217;attitude d&#8217;apprendre de l&#8217;Occident.</p></fn>
<fn id="n27"><p>Dans Janicot (2017 : 170).</p></fn>
<fn id="n28"><p>Segui (<xref ref-type="bibr" rid="B26">1966 : 107</xref>). Pour rappel : <italic>&#220;ber das Geistige in der Kunst</italic> a &#233;t&#233; publi&#233; en allemand par les &#233;ditions Piper &#224; Munich en 1911&#8211;1912. La traduction en anglais (de Sadler) date de 1914, publi&#233;e &#224; Londres puis &#224; Boston&#8211;New York. Deux traductions en chinois (l&#8217;une de L&#252; Peng, l&#8217;autre sign&#233;e Zha Li &#26597;&#31435;) sont parues en 1986 et 1987. Zha Li remercie Huang Yongping dans son introduction dat&#233;e d&#8217;ao&#251;t 1983 et pr&#233;cise qu&#8217;il a travaill&#233; &#224; partir d&#8217;une version en anglais publi&#233;e &#224; New York en 1955.</p></fn>
<fn id="n29"><p>Segui d&#233;crit cet engouement japonais pour l&#8217;art moderne, en particulier pour les artistes de <italic>Der blaue Reite</italic>r, de <italic>Der Sturm</italic> et du Bauhaus, avec la constitution de collections priv&#233;es qui ont &#233;t&#233; expos&#233;es d&#232;s 1914 dans des galeries japonaises.</p></fn>
<fn id="n30"><p>Soit <italic>Xifang xiandai yishu xiang Zhongguohua zhuanhua de qianli</italic> &#35199;&#26041;&#29616;&#20195;&#33402;&#26415;&#21521;&#20013;&#22269;&#21270;&#36716;&#21270;&#30340;&#28508;&#21147;. Dans Li Xianting (<xref ref-type="bibr" rid="B19">1989</xref>).</p></fn>
<fn id="n31"><p>Soit <italic>chengle ren zhengzhi xuyao er dabande &#8216;guniang&#8217;</italic> &#25104;&#20102;&#20219;&#25919;&#27835;&#38656;&#35201;&#32780;&#25171;&#25198;&#30340;&#8216;&#22993;&#23064;&#8217;. Cette expression choisie par Li Xianting rappelle la formulation tr&#232;s pris&#233;e pour qualifier l&#8217;histoire : <italic>lishi shi yige ren ren dabande xiao guniang</italic> &#21382;&#21490;&#26159;&#19968;&#20010;&#20219;&#20154;&#25171;&#25198;&#30340;&#23567;&#22993;&#23064; (&#8216;L&#8217;histoire est une petite fille qui se laisse parer&#8217;).</p></fn>
<fn id="n32"><p>Soit <italic>qubie yu</italic> &#21306;&#21035;&#20110; <italic>bu leitongde</italic> &#19981;&#38647;&#21516;&#30340;. <italic>Leitong</italic> &#38647;&#21516;, (mot &#224; mot : &#8216;semblable au tonnerre&#8217;) a comme premier sens &#8216;&#201;cho du tonnerre. Faire &#233;cho&#8217;, et comme sens figur&#233; &#8216;imiter les autres ; plagier, copier les autres&#8217;, identique (<italic>GRN</italic>). Voir Li (<xref ref-type="bibr" rid="B20">2003 : 10</xref>)</p></fn>
<fn id="n33"><p><italic>Qifa</italic> &#21551;&#21457;: <italic>(&#201;duc.)</italic> ouvrir l&#8217;intelligence ; stimuler (intellectuellement) ; instruire ; former ; inspirer ; sugg&#233;rer ; &#233;veiller ; d&#233;velopper (l&#8217;esprit) ; &#233;clairer l&#8217;esprit. D&#233;velopper ; exposer. D&#233;couvrir (<italic>GRN</italic>).</p></fn>
<fn id="n34"><p><italic>Kai yanjie</italic> &#24320;&#30524;&#30028; : ouvrir des horizons nouveaux ; enrichir son experience (<italic>GRN</italic>).</p></fn>
<fn id="n35"><p>Guillemets de Anny Lazarus. Citations de Lao Zi approximatives (d&#233;but &#36947;&#29983;&#19968; ch. 42&#8230; &#22823;&#35937;&#26080;&#24418; (La grande image n&#8217;a pas de forme, Ch. 41) (<xref ref-type="bibr" rid="B13">Duyvendak 1987 : 98&#8211;9</xref>).</p></fn>
<fn id="n36"><p>Voir Li Xianting (<xref ref-type="bibr" rid="B20">2003 : 14</xref>) Texte original : &#20294;&#26159;, &#20182;&#20204;&#23588;&#20854;&#26159;&#20313;&#21451;&#28085;&#20808;&#29983;, &#21478;&#19968;&#26041;&#38754;&#20063;&#28145;&#21463;&#20013;&#22269;&#21746;&#23398;&#23588;&#20854;&#26159;&#32769;&#23376;&#24605;&#24819;&#30340;&#24433;&#21709;, &#19968;&#29983;&#20108;, &#20108;&#29983;&#19977;, &#19977;&#29983;&#19975;&#29289;, &#19975;&#29289;&#24402;&#20110;&#36947;, &#22823;&#36947;&#26080;&#24418;&#8230;&#8230;, &#19981;&#26029;&#22534;&#31215;&#26497;&#31616;&#30340;&#36807;&#31243;, &#20063;&#26159;&#19968;&#27425;&#27425;&#35937;&#26497;&#31616;&#37027;&#26679;&#30340;&#28165;&#29702;&#36807;&#31243;, &#25226;&#33402;&#26415;&#36824;&#21407;&#21040;&#26368;&#32431;&#31929;&#21333;&#32431;&#30340;&#24418;&#21644;&#33394;&#24425;&#26412;&#36523;, &#36824;&#21407;&#32473;&#36947;, &#36824;&#21407;&#32473;&#20154;&#29983;&#30340;&#24179;&#28129;&#21644;&#34394;&#26080;&#8230;&#8230; (Trad Anny Lazarus).</p></fn>
<fn id="n37"><p><italic>Moxiangpai</italic> &#22696;&#35937;&#27966; : <italic>Bokusho</italic>, calligraphie moderne, allant vers l&#8217;abstraction, &#233;cole apparue au Japon dans les ann&#233;es 1970.</p></fn>
<fn id="n38"><p>Les Ambulants (<italic>Wanderers</italic> ou en russe <italic>Peredvijniki)</italic>, premier mouvement r&#233;aliste russe actif entre 1863 et 1890, regroupant des artistes oppos&#233;s &#224; l&#8217;enseignement et &#224; l&#8217;esth&#233;tique de l&#8217;Acad&#233;mie imp&#233;riale des beaux-arts de Saint-P&#233;tersbourg.</p></fn>
<fn id="n39"><p>Les deux &#339;uvres de Vasily Surikov (1848&#8211;1916) sont <italic>Boyarynya Morozova</italic> et <italic>The Morning of the Execution of the Streltsy</italic>.</p></fn>
<fn id="n40"><p>Sont cit&#233;s : l&#8217;art moderne des ann&#233;es 1930 (comme l&#8217;art de la soci&#233;t&#233; <italic>La temp&#234;te</italic>), la peinture rationnelle du <italic>Mouvement de 85</italic>, et l&#8217;art conceptuel &#8216;contre la tradition&#8217;, les encres abstraites et la peinture abstraite etc. ainsi que l&#8217;art conceptuel depuis les ann&#233;es 1990 (qu&#8217;il nomme l&#8217;art d&#8217;&#8216;appartement&#8217;), dans Gao (<xref ref-type="bibr" rid="B7">2007 : 32</xref>).</p></fn>
<fn id="n41"><p>Chez plusieurs critiques d&#8217;art (Li Xianting, Gao Minglu ou encore Wang Lin), l&#8217;art contemporain chinois est consid&#233;r&#233; comme un pur &#8216;produit&#8217; occidental, dans la mesure o&#249; les premi&#232;res galeries qui se sont install&#233;es en Chine &#233;taient tenues par des &#233;trangers qui ont privil&#233;gi&#233; les artistes du Pop politique et de l&#8217;art cynique, dont les &#339;uvres exploitent les symboles chinois. En 1993, la s&#233;lection pour la Biennale de Venise r&#233;alis&#233;e par Achille Bonito Oliva atteste de cette orientation. Ces &#339;uvres &#8216;illustratives&#8217; et &#8216;m&#233;taphoriques&#8217; ont trouv&#233; leur public (et leurs collectionneurs) en Occident, au d&#233;triment de d&#233;marches t&#233;moignant d&#8217;une r&#233;flexion plus conceptuelle ou plus artistique (par exemple les artistes du groupe Wuming, les &#8216;sans-nom, les anonymes&#8217;. Voir par exemple Wang Lin &#29579;&#26519; (<xref ref-type="bibr" rid="B27">1993 : 75&#8211;9</xref>).</p></fn>
<fn id="n42"><p>Des auteurs comme Fredric Jameson, sp&#233;cialiste am&#233;ricain du post-modernisme, ou Peter B&#252;rger, th&#233;oricien allemand de l&#8217;avant-garde, ont &#233;t&#233; traduits en chinois pr&#232;s de deux d&#233;cennies avant d&#8217;&#234;tre &#233;dit&#233;s en fran&#231;ais. Pour la publication des auteurs structuralistes en chinois, voir Anny Lazarus (<xref ref-type="bibr" rid="B15">2017 : 280&#8211;90</xref>).</p></fn>
<fn id="n43"><p>Dans L&#252; Peng &#21525;&#24429; (<xref ref-type="bibr" rid="B23">2007 : 2</xref>). Et pour la traduction en fran&#231;ais : L&#252; Peng, Marie-Paule Chamayou, Marie Laureillard et al. (Trad.) (<xref ref-type="bibr" rid="B24">2013 : 14</xref>).</p></fn>
<fn id="n44"><p><italic>Shou</italic> &#21463; signifie &#8216;recevoir, obtenir&#8217; ; &#8216;accepter, prendre&#8217; ; &#8216;subir, &#233;prouver, supporter&#8217;. <italic>Shou</italic> est aussi une marque du passif.</p></fn>
<fn id="n45"><p>Venturi (1938). Traduit en chinois par Chi Ke &#36831;&#36722; en 2005.</p></fn>
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