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<journal-title>Open Library of Humanities</journal-title>
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<subject>Diversity and competition within the latin church: the secular-mendicant controversy and its long aftermath (13th&#8211;20th centuries)</subject>
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<article-title>La querelle des mendiants dans les synodes provinciaux et dioc&#233;sains du bas Moyen &#194;ge. Approches pr&#233;liminaires</article-title>
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<email>woelkith@geschichte.hu-berlin.de</email>
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<aff id="aff-1"><label>1</label>Humboldt-Universit&#228;t zu Berlin</aff>
<pub-date publication-format="electronic" date-type="pub" iso-8601-date="2025-11-26">
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<license-p>This is an open-access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution 4.0 International License (CC-BY 4.0), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original author and source are credited. See <uri xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/</uri>.</license-p>
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<abstract>
<p>La querelle des mendiants occupait une place importante en tant que mati&#232;re r&#233;currente dans les statuts synodaux du haut et du bas Moyen &#194;ge publi&#233;s en s&#233;rie dans toute l&#8217;Europe<xref ref-type="fn" rid="n1">1</xref>. Elle occupait les synodes de la fin du Moyen &#194;ge dans toute l&#8217;Europe latine, de l&#8217;&#201;cosse &#224; la Sicile, de l&#8217;Espagne &#224; la Su&#232;de. Les statuts synodaux ne peuvent toutefois gu&#232;re &#234;tre utilis&#233;s comme un sismographe qui indiquerait avec pr&#233;cision les r&#233;gions et les p&#233;riodes o&#249; la querelle des mendiants &#233;clata de mani&#232;re aigu&#235;. Le caract&#232;re fondamentalement conservateur du genre, o&#249; les chemins tortueux de la r&#233;ception peuvent mener loin des contextes concrets, est trop important. La plupart du temps, la querelle des mendiants n&#8217;&#233;tait pas le but premier du synode, mais elle &#233;tait mise &#224; l&#8217;ordre du jour &#224; cette occasion, surtout par le clerg&#233; paroissial. Elle a &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement reprise dans les statuts des synodes provinciaux, mais plus rarement dans ceux dioc&#233;sains. On observe en outre &#224; plusieurs reprises que des &#233;v&#234;ques ont transmis les plaintes de leurs sujets &#224; un synode provincial. Les statuts synodaux ne pr&#233;sentent pas un reflet de la r&#233;alit&#233; juridique locale, mais offrent des acc&#232;s &#224; des lignes de compromis consensuelles. Dans l&#8217;ensemble, les synodes semblent avoir &#233;t&#233; un forum de dialogue pacifique et de r&#233;tablissement de l&#8217;ordre plut&#244;t qu&#8217;une caisse de r&#233;sonance pour des attaques pol&#233;miques qui auraient aliment&#233; davantage la querelle des mendiants. Au plus tard vers 1300, lorsque le conflit permanent entre les mendiants et le clerg&#233; s&#233;culier est devenu end&#233;mique, les synodes ont constitu&#233; un &#233;l&#233;ment important de la r&#233;silience de l&#8217;&#201;glise. Les d&#233;bordements locaux et les crises aigu&#235;s ont pu &#234;tre g&#233;r&#233;s de cette mani&#232;re. La synodalit&#233; &#233;tait un &#233;l&#233;ment essentiel du syst&#232;me immunitaire de l&#8217;&#201;glise.</p>
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<p>&#171; Les synodes sont d&#233;favorables aux mendiants parce que leurs privil&#232;ges y sont en danger &#187;<xref ref-type="fn" rid="n2">2</xref>. Cette parole courante dans les commentaires juridiques conf&#232;re aux synodes un r&#244;le important dans le conflit europ&#233;en permanent entre les ordres mendiants et le clerg&#233; paroissial. Une &#233;tude pionni&#232;re de Sita Steckel (<xref ref-type="bibr" rid="B57">2015</xref>) sur le XIII<sup>e</sup> si&#232;cle va dans le m&#234;me sens. Les synodes servent ici de caisse de r&#233;sonance performative pour les contre-attaques pol&#233;miques du clerg&#233; s&#233;culier. Il convient donc de les prendre au s&#233;rieux en tant que sc&#233;nario de la querelle des mendiants et de les &#233;tudier &#233;galement au-del&#224; du XIII<sup>e</sup> si&#232;cle. Les synodes pourraient ainsi offrir une approche pr&#233;cieuse des effets &#224; long terme de la querelle des mendiants. Une telle &#233;tude globale manque encore. Elle devrait faire l&#8217;objet d&#8217;un projet de recherche plus ample. Le but de ma contribution se contente uniquement de d&#233;finir le cadre possible d&#8217;une telle &#233;tude et de tracer quelques pistes dans le maquis des sources. L&#8217;attention sera surtout port&#233;e sur les modes d&#8217;escalade et de d&#233;sescalade de la querelle des mendiants dans le cadre des synodes dioc&#233;sains et provinciaux. Pour ce faire, il convient dans un premier temps de discuter la pertinence de la recherche synodale pour reconstruire les d&#233;rives concr&#232;tes de la querelle des mendiants, avant d&#8217;esquisser, dans un deuxi&#232;me temps, la proc&#233;dure de r&#232;glement synodal des conflits sur la base de quelques exemples de sources et, dans un troisi&#232;me temps, de proposer un ordre plus ou moins syst&#233;matique sur les diff&#233;rents points de discorde.</p>
<sec>
<title>1 Synodalit&#233; et vie eccl&#233;siale</title>
<p>La synodalit&#233; est consid&#233;r&#233;e par la recherche historique, et en particulier par l&#8217;histoire de l&#8217;&#201;glise fond&#233;e sur la th&#233;ologie, comme une caract&#233;ristique fondamentale de la vie de l&#8217;&#201;glise<xref ref-type="fn" rid="n3">3</xref>. Les synodes &#233;taient des espaces de communication permettant au bas clerg&#233; de participer &#224; l&#8217;ordre eccl&#233;siastique (<xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006</xref>). Hermann Josef Sieben (<xref ref-type="bibr" rid="B55">1988 : 205</xref>) y voit m&#234;me un &#171; moyen de rendre l&#8217;&#201;glise plus humaine &#187;. En tout cas, le regard sur la synodalit&#233; ouvre une perspective de comparaison universelle europ&#233;enne (<xref ref-type="bibr" rid="B36">Helmrath, 2002</xref>). Les synodes repr&#233;sentent une structure spatiale couvrant toute l&#8217;Europe. En effet, nous rencontrons des types d&#8217;assembl&#233;es particuli&#232;rement homog&#232;nes, avec des r&#232;gles du jeu et un profil de t&#226;ches comparables, qui ont donn&#233; naissance &#224; des types de sources similaires dans toute l&#8217;Europe latine. Le patrimoine le plus important est constitu&#233; par les statuts, souvent publi&#233;s en s&#233;rie et transmis de mani&#232;re tr&#232;s dispers&#233;e.</p>
<p>La richesse des sources est s&#233;duisante et en m&#234;me temps effrayante. Avoir de facilement accessible &#224; premi&#232;re vue une masse &#224; peine g&#233;rable de sources, souvent dat&#233;es et localis&#233;es de mani&#232;re tr&#232;s pr&#233;cise rend les m&#233;di&#233;vistes rapidement enthousiastes. (<xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006 : 32</xref>). Depuis l&#8217;&#233;poque baroque, il existe des &#233;ditions monumentales de statuts synodaux &#8211; Mansi (<xref ref-type="bibr" rid="B11">1759&#8211;1798</xref>) et Hartzheim (<xref ref-type="bibr" rid="B7">1759&#8211;1790</xref>) ne sont que les plus connus<xref ref-type="fn" rid="n4">4</xref>. Mais d&#233;j&#224; un bref regard sur les &#233;ditions critiques disponibles pour de nombreux synodes r&#233;v&#232;le la fiabilit&#233; limit&#233;e des anciens ouvrages imprim&#233;s (<xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006 : 33</xref>). Les statuts de Prague (&#233;ds. <xref ref-type="bibr" rid="B14">Polc et Hled&#237;kov&#225;, 2002</xref>), par exemple, sont bien document&#233;s ; et c&#8217;est l&#224; qu&#8217;appara&#238;t de mani&#232;re exemplaire l&#8217;immense effort &#224; fournir : Ivan Hlav&#225;cek (<xref ref-type="bibr" rid="B37">2006</xref>) compte plus de 90 manuscrits, la tradition est souvent extr&#234;mement fragmentaire. Il est souvent difficile de savoir quels textes de statuts sont disponibles dans une &#233;dition critique et quels sont ceux qui doivent encore &#234;tre trait&#233;s d&#8217;apr&#232;s les grands ouvrages collectifs. Il faut toujours s&#8217;attendre &#224; ce que les datations et les attributions soient d&#233;j&#224; obsol&#232;tes. La recherche sur les synodes reste malgr&#233; tout un travail de pionnier.</p>
<p>Pourtant, la recherche sur les synodes a toujours connu des phases intensives, car elle offre de multiples points d&#8217;ancrage pour des questions traditionnelles et modernes &#8211; de la constitution de l&#8217;&#201;glise &#224; l&#8217;histoire quotidienne. Th&#233;ologie pastorale et curiosit&#233;s de la vie paysanne s&#8217;y croisent souvent. En Allemagne, la recherche canonistique a longtemps &#233;t&#233; le principal moteur de l&#8217;&#233;tude des synodes particuliers, souvent consid&#233;r&#233;s comme un lien entre la th&#233;orie et la pratique (<xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006 : 31</xref>). Les synodes provinciaux et dioc&#233;sains fonctionnent dans cette perspective comme des membranes de diffusion du droit d&#233;cr&#233;tal pontifical et des &#171; miroirs de la r&#233;alit&#233; juridique &#187; (<xref ref-type="bibr" rid="B61">Wiegand, 1998 : 65</xref>) qui devaient transformer le <italic>Ius commune</italic> au niveau intelligible pour le bas clerg&#233; &#8211; c&#8217;est surtout le fameux canon synodal du IV<sup>e</sup> concile de Latran qui a formul&#233; cette exigence<xref ref-type="fn" rid="n5">5</xref>. Cependant, la r&#233;flexion contemporaine sur l&#8217;int&#233;gration des statuts dans le <italic>Ius commune</italic>, notamment dans les trait&#233;s du type &#171; <italic>de statutis</italic> &#187;, est rest&#233;e jusqu&#8217;&#224; pr&#233;sent inaper&#231;ue. Les divergences synodales par rapport au droit d&#233;cr&#233;tal ne doivent pas &#234;tre comprises simplement comme des violations du droit, mais plut&#244;t comme des moments o&#249; les lignes de compromis autoritaires du <italic>Ius commune</italic> n&#8217;&#233;taient pas suffisamment consensuelles sur place. Il faudrait plut&#244;t que nous utilisions l&#8217;horizon normatif du droit d&#233;cr&#233;tal, assez clairement fix&#233; pour la querelle des mendiants &#224; partir du d&#233;but du XIV<sup>e</sup> si&#232;cle, avant tout comme une feuille de contr&#244;le pour la configuration concr&#232;te de la relation entre les mendiants et le clerg&#233; s&#233;culier &#224; un moment donn&#233;, en faisant attention aux subtiles oscillations en faveur de l&#8217;une ou de l&#8217;autre partie. Cela relativise peut-&#234;tre l&#8217;image des synodes tendanciellement hostiles aux mendiants.</p>
<p>Tandis que la recherche canonistique comprend g&#233;n&#233;ralement l&#8217;&#233;v&#233;nement synodal &#224; partir du centre, la recherche historique sur les synodes met plut&#244;t l&#8217;accent sur les impulsions locales et d&#233;finit fondamentalement la synodalit&#233; &#224; partir de la p&#233;riph&#233;rie. Dans cette perspective, les statuts synodaux r&#233;agissaient en premier lieu &#224; des probl&#232;mes locaux concrets. Cette perspective poss&#232;de une certaine plausibilit&#233;, puisque l&#8217;on constate que les prescriptions vestimentaires des clercs suivaient la mode, que le calendrier des f&#234;tes impos&#233; tenait compte des cultes locaux et que, comme de bien entendu, il est beaucoup plus souvent question des musulmans dans les statuts espagnols (voir <xref ref-type="bibr" rid="B43">Justo Fern&#225;ndez, 2002 : 215&#8211;222</xref>) qu&#8217;en &#201;cosse par exemple (<xref ref-type="bibr" rid="B16">Watt, 2000</xref>).</p>
<p>Pour notre sujet, l&#8217;immense quantit&#233; des statuts sugg&#233;rerait des m&#233;thodes s&#233;rielles : les statuts synodaux comme sismographe europ&#233;en des r&#233;gions et des &#233;poques o&#249; la querelle des mendiants a &#233;clat&#233;. Une telle carte de l&#8217;Europe serait un v&#233;ritable outil d&#8217;analyse de la tectonique eccl&#233;siologique. Aucun probl&#232;me technique, mais la force de suggestion positiviste de telles analyses occulterait les grands probl&#232;mes m&#233;thodologiques : outre l&#8217;h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des &#233;ditions, nous devons consid&#233;rer qu&#8217;&#224; certaines p&#233;riodes, les synodes furent organis&#233;s par vagues successives pour de toutes autres raisons (par exemple dans le contexte des conciles g&#233;n&#233;raux et du schisme) et qu&#8217;ils produisirent en passant des statuts relatifs aux probl&#232;mes de la querelle des mendiants (<xref ref-type="bibr" rid="B46">Leinweber, 2013 : 19</xref>). En g&#233;n&#233;ral, la r&#233;duction aux statuts est probl&#233;matique, car tous les synodes n&#8217;ont pas produit de statuts, loin de l&#224; (<xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006 : 38</xref>).</p>
<p>Les &#233;tudes sur la gen&#232;se des textes nous pr&#233;sentent en outre les statuts comme un genre de texte extr&#234;mement conservateur (<xref ref-type="bibr" rid="B60">Unger, 2006 : 114</xref>). Les chemins de r&#233;ception labyrinthiques m&#232;nent souvent &#224; ce que, dans des cas concrets, les statuts puissent remonter &#224; des circonstances pass&#233;es depuis des d&#233;cennies. Les reprises &#233;taient la r&#232;gle, et pas seulement en recourant &#224; des statuts ant&#233;rieurs du m&#234;me dioc&#232;se ; on constate souvent des liens transversaux tr&#232;s surprenants, voire de v&#233;ritables familles de statuts avec une influence horizontale par-del&#224; les fronti&#232;res m&#233;tropolitaines (<xref ref-type="bibr" rid="B44">Kehrberger, 1938 : 28</xref>; Boiset, 1973 : 145). Il est m&#234;me possible de retracer des liens &#224; travers l&#8217;Europe, de la France &#224; la Scandinavie en passant par la Hongrie (<xref ref-type="bibr" rid="B19">Avril, 1999 : 19</xref>). Parfois, on adoptait aussi des statuts dont le rapport avec la pratique locale &#233;tait plut&#244;t faible : dans le dioc&#232;se de Brixen, par exemple, plusieurs &#233;v&#234;ques du XV<sup>e</sup> si&#232;cle ont renforc&#233; l&#8217;obligation d&#8217;accr&#233;ditation des mendiants, bien qu&#8217;il n&#8217;y ait pas eu de v&#233;ritables couvents de mendiants, seulement quelques franciscains d&#233;tach&#233;s pour s&#8217;occuper des clarisses &#224; Brixen et Meran<xref ref-type="fn" rid="n6">6</xref>. On ne pouvait pas y parler de querelle de mendiants. Les restrictions &#224; l&#8217;encontre des fr&#232;res mendiants n&#8217;&#233;taient manifestement pas ici le r&#233;sultat de conflits, mais faisaient partie d&#8217;un programme g&#233;n&#233;ral de r&#233;formes qu&#8217;un &#233;v&#234;que pouvait porter &#224; son cr&#233;dit sans produire beaucoup de contradictions dans la situation d&#233;licate du synode.</p>
<p>D&#8217;autre part, les statuts &#8211; par exemple pour la distribution des taxes fun&#233;raires ou pour accr&#233;diter des pr&#233;dicateurs aupr&#232;s de l&#8217;&#233;v&#234;que &#8211; ne sont souvent compr&#233;hensibles que dans le contexte de la querelle des mendiants, alors que le texte des statuts lui-m&#234;me ne mentionne pas les ordres mendiants. Une analyse quantitative automatis&#233;e est rendue beaucoup plus difficile par ces p&#233;riphrases diplomatiquement prudentes.</p>
<p>Par ailleurs, il est r&#233;guli&#232;rement suppos&#233; que l&#8217;adoption de statuts complets ait rendu superflue la production de nouveaux statuts (<xref ref-type="bibr" rid="B31">Flachenecker, 2006 : 55</xref>). Les statuts, souvent transmis en s&#233;rie, ne se succ&#233;daient pas simplement les uns aux autres, mais formaient un corpus cumulatif dans lequel les statuts plus anciens se perp&#233;tuaient (<xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006 : 49</xref>). Parfois, les synodes &#233;tablissaient et mettaient &#224; jour de v&#233;ritables codifications sur les aspects multiples de la vie chr&#233;tienne (<xref ref-type="bibr" rid="B19">Avril, 1999 : 21</xref>). Les antagonismes relatifs &#224; la querelle des mendiants ne se refl&#233;taient donc pas n&#233;cessairement dans les statuts.</p>
</sec>
<sec>
<title>2 Les synodes comme lieu de gestion des conflits : pour une approche exemplaire</title>
<p>Comment la querelle des mendiants s&#8217;est-elle inscrite &#224; l&#8217;ordre du jour des synodes ? Les r&#233;f&#233;rences aux querelles en cours &#224; cette p&#233;riode, bien pr&#233;sentes dans les statuts, n&#8217;apportent que peu d&#8217;&#233;claircissements, car m&#234;me ces passages suppos&#233;ment actuels ont &#233;t&#233; repris lors de nouvelles publications des statuts. Les statuts de Prague, par exemple, nous le montrent tr&#232;s bien<xref ref-type="fn" rid="n7">7</xref>. Il ne s&#8217;agissait certainement pas d&#8217;un manque d&#8217;attention de la part des notaires, mais plut&#244;t des caract&#233;ristiques de communication des synodes. La situation, orient&#233;e vers la d&#233;monstration de l&#8217;unit&#233; et du consensus, laissait peu de place au raffinement des formulations individuelles au sein des commissions. Il est d&#8217;autant plus significatif que des r&#233;flexes de la rh&#233;torique anti-mendiante largement r&#233;pandue dans les sermons et les trait&#233;s soient parvenus jusqu&#8217;aux statuts ; ainsi par exemple la citation embl&#233;matique tir&#233;e de Dt 23, 26 &#171; <italic>ponant falcem suam in segetem alienam</italic> &#187; ou encore par une opposition rh&#233;torique entre <italic>veri pastores</italic> et <italic>religiosi</italic>, contraire &#224; l&#8217;id&#233;e que les ordres mendiants se faisaient d&#8217;eux-m&#234;mes<xref ref-type="fn" rid="n8">8</xref>. Nous rencontrons le soup&#231;on de pr&#234;ches incendiaires et d&#8217;abus ainsi que l&#8217;accusation d&#8217;hypocrisie et de captation d&#8217;h&#233;ritage<xref ref-type="fn" rid="n9">9</xref>. Toutefois, ces exemples ne sont pas dominants. Un seul sermon d&#8217;un Jean Gerson ou d&#8217;un Mil&#237;&#269; de Krom&#283;&#345;&#237;&#382; (voir <xref ref-type="bibr" rid="B24">Bl&#225;hov&#225; 2006, p. 367</xref>) contiendrait certainement plus d&#8217;explosifs pol&#233;miques que tous les statuts dioc&#233;sains r&#233;unis (voir <xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek 2006, p. 38</xref>). Et parfois, nous trouvons aussi des exhortations explicites au clerg&#233; s&#233;culier de ne pas harceler les mendiants, comme &#224; Rouen en 1335 sous la direction de l&#8217;archev&#234;que de l&#8217;&#233;poque Pierre Roger, le futur pape Cl&#233;ment VI : &#171; <italic>Ut rectores ecclesiarum sint favorabiles ordinibus mendicantium</italic> &#187;<xref ref-type="fn" rid="n10">10</xref>.</p>
<p>N&#233;anmoins, la prise de d&#233;cision synodale est difficile &#224; comprendre &#224; partir des statuts ; les lettres de convocation, les proc&#232;s-verbaux et les actes nous promettent une meilleure information &#8211; mais ils nous sont parvenus de mani&#232;re beaucoup moins dense. Les &#233;tudes syst&#233;matiques sont ici beaucoup plus difficiles, parce qu&#8217;elles n&#233;cessitent une connaissance tr&#232;s approfondie des d&#233;tails. Pour une premi&#232;re approche exemplaire, il nous suffira ici d&#8217;esquisser trois situations historiques concr&#232;tes assez bien document&#233;es dans les sources disponibles et qui se sont succ&#233;d&#233;es rapidement pendant les ann&#233;es 1450, lorsque la querelle des mendiants a fait l&#8217;objet de plusieurs synodes. Il s&#8217;agit a) des synodes pr&#233;sid&#233;s par le cardinal Nicolas de Cues lors de son voyage de l&#233;gation en 1451/52, b) d&#8217;un synode provincial de Mayence en 1455 et c) d&#8217;un synode provincial de Salzbourg l&#8217;ann&#233;e suivante.</p>
<sec>
<title>a) Bamberg 1451</title>
<p>Le premier cas est bien &#233;tudi&#233; et ne sera que bri&#232;vement &#233;voqu&#233; : Nicolas de Cues s&#8217;&#233;tait procur&#233;, entre autres, une autorisation de visiter les couvents de mendiants pour son grand voyage de l&#233;gation &#224; travers l&#8217;empire allemand, mais il ne l&#8217;avait en fait pas utilis&#233;e (<xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> I 2, 1980, n. 952</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B45">Koch, 1948, 59</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B47">Meuthen, 1989 : 449</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B62">Woelki, 2012 : 121</xref>). Le sujet ne fut mis &#224; l&#8217;ordre du jour que lorsque le cur&#233; de Nuremberg, Heinrich Leubing, profita de l&#8217;occasion d&#8217;un synode dioc&#233;sain &#224; Bamberg pour attaquer les moines mendiants de Nuremberg (<xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> I 3a, 1994, n. 1254, 1260, 1265</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B48">Mierau, 2008</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B62">Woelki, 2012 : 121&#8211;123</xref>). Au final, Nicolas de Cues tente un compromis orient&#233; vers le <italic>Ius commune</italic>, avec toutefois quelques interpr&#233;tations que les mendiants consid&#232;rent comme une imposition au point de s&#8217;en plaindre bruyamment (<xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> I 3a, 1994, n. 1267, II 1, n. 2720&#8211;2726</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B62">Woelki, 2012 : 124&#8211;131</xref>)<xref ref-type="fn" rid="n11">11</xref>. Il &#233;tait m&#234;me question de tentatives d&#8217;assassinat du cardinal (<xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> II 1, 2012, n. 2720 l. 11&#8211;17</xref>; <xref ref-type="bibr" rid="B45">Koch, 1948 : 73</xref>). Nous voyons ici tr&#232;s clairement l&#8217;interaction entre un conflit local situationnel et l&#8217;offre de compromis du droit d&#233;cr&#233;tal pontifical fournie par la centrale. Il s&#8217;agit d&#8217;une sorte de centralisation orient&#233;e vers la demande.</p>
</sec>
<sec>
<title>b) Mayence 1455</title>
<p>Le synode provincial d&#8217;Aschaffenburg pour la province de Mayence de 1455 ne se r&#233;unit pas non plus en raison de la querelle des mendiants, mais en raison de la d&#238;me des Turcs et d&#8217;autres plaintes contre le pape en provenance d&#8217;Allemagne (<xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> II 4, 2018, n. 4391</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B44">Kehrberger, 1938 : 35</xref>; <xref ref-type="bibr" rid="B35">Haunappel, 1957 : 451&#8211;459</xref>; <xref ref-type="bibr" rid="B34">Hallauer, 1978</xref>). On saisit cependant l&#8217;occasion d&#8217;un proc&#232;s en h&#233;r&#233;sie contre le franciscain strasbourgeois Henri Collis, qui venait de rentrer de la curie. On porta ainsi la querelle des mendiants, qui avait alors &#233;clat&#233; &#224; Strasbourg, sur la sc&#232;ne plus large du synode provincial<xref ref-type="fn" rid="n12">12</xref>. Le synode condamna toute une s&#233;rie de doctrines pr&#233;tendument d&#233;fendues par Collis, &#224; savoir 1) Un pr&#234;tre p&#233;cheur ne peut pas absoudre de fa&#231;on efficace. 2) L&#8217;excommunication ne vise qu&#8217;&#224; r&#233;pandre la peur et est sans effet sur l&#8217;&#226;me. 3) Les pr&#234;tres qui poss&#232;dent des b&#233;n&#233;fices ne peuvent prier que pour leurs bienfaiteurs. 4) Si une moniale commet un p&#233;ch&#233; avec un eccl&#233;siastique, le p&#233;ch&#233; est moindre que si elle se compromet avec un la&#239;c (<xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> II 4, 2018, n. 4391, 4501, 4507</xref>; <xref ref-type="bibr" rid="B51">Oliger, 1930</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B53">Rapp, 1974 ; 334&#8211;336</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B29">Daniels, 2024 : 207&#8211;219</xref>). &#192; cette occasion, le synode condamna encore d&#8217;autres positions des mendiants sur la confession, la pr&#233;dication et les fun&#233;railles, prenant ainsi clairement position en faveur des pr&#234;tres s&#233;culiers.</p>
</sec>
<sec>
<title>c) Salzbourg 1456</title>
<p>Un synode provincial de Salzbourg, organis&#233; l&#8217;ann&#233;e suivante, fut &#233;galement convoqu&#233; &#224; cause de la d&#238;me turque (<xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> II 4, 2018, Nr. 4737</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B33">Haering, 2006 : 90</xref>). Le cardinal l&#233;gat Juan de Carvajal, de passage &#224; l&#8217;&#233;poque, obligea l&#8217;archev&#234;que de Salzbourg &#224; convoquer le synode (<xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> II 4, 2018, n. 4668</xref>). En r&#233;action aux lettres d&#8217;invitation alors envoy&#233;es dans tous les &#233;v&#234;ch&#233;s suffragants, toute une s&#233;rie de plaintes arriv&#232;rent &#224; Salzbourg, qui devaient absolument &#234;tre trait&#233;es au synode<xref ref-type="fn" rid="n13">13</xref> &#8211; de v&#233;ritables lettres de dol&#233;ances, comme nous les connaissons habituellement dans le contexte des &#201;tats g&#233;n&#233;raux. Ce n&#8217;est qu&#8217;ici qu&#8217;apparaissent clairement les points conflictuels qu&#8217;il est difficile de rep&#233;rer dans les statuts. Nous voyons aussi, comme &#224; Mayence, que les &#233;v&#234;ques transmettaient les plaintes de leurs sujets au synode provincial &#8211; apparemment, le forum du synode dioc&#233;sain ne suffisait pas.</p>
<p>Il existe une lettre d&#8217;un cur&#233; de la r&#233;gion de Krems &#224; l&#8217;&#233;v&#234;que de Passau se plaignant de la fondation de nouveaux monast&#232;res franciscains observants &#224; la suite du voyage de Giovanni da Capestrano<xref ref-type="fn" rid="n14">14</xref>. L&#8217;&#233;v&#234;que de Seckau rapporte des faits similaires (&#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B6">Dalham, 1788 : 232</xref>). Les motivations des cur&#233;s sont rarement aussi clairement expos&#233;es. Celles-ci &#233;taient d&#8217;une part de nature &#233;conomique : les cur&#233;s ont enregistr&#233; des baisses dramatiques des oblations et des taxes ; en Styrie, on a entendu dire que les moines mendiants demandaient &#224; peine un tiers des tarifs habituels et ruinaient ainsi les prix<xref ref-type="fn" rid="n15">15</xref>. Mais les attaques contre le tissu social et les traditions locales &#233;taient tout aussi graves que la menace &#233;conomique : les mendiants ont manifestement usurp&#233; les rites de pi&#233;t&#233; locaux tels que la cons&#233;cration des bougies de la Chandeleur, la cons&#233;cration des rameaux de palmier pour le dimanche des Rameaux, la cons&#233;cration de la viande &#224; P&#226;ques et autres<xref ref-type="fn" rid="n16">16</xref>. Et ils perturbaient l&#8217;ordre acoustique en faisant sonner les cloches de mani&#232;re agressive. Ils utilisaient m&#234;me plus de cloches que les pr&#234;tres. Le cur&#233; de Radkersburg, en Styrie, s&#8217;&#233;tait plaint au prieur du monast&#232;re augustinien local de ses deux cloches ; celui-ci lui avait r&#233;pondu avec insolence que le cur&#233; n&#8217;avait qu&#8217;&#224; en accrocher trois<xref ref-type="fn" rid="n17">17</xref>.</p>
<p>La tradition exceptionnelle des sources confirme ici que la querelle des mendiants &#233;tait r&#233;guli&#232;rement mise &#224; l&#8217;ordre du jour des synodes &#224; l&#8217;initiative du clerg&#233; s&#233;culier, mais que la rh&#233;torique pol&#233;mique des adversaires ne parvenait que rarement et de mani&#232;re tr&#232;s att&#233;nu&#233;e jusqu&#8217;aux statuts. D&#8217;une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les synodes provinciaux semblaient nettement mieux se pr&#234;ter &#224; la r&#233;solution des conflits que le synode dioc&#233;sain, fortement centr&#233; sur la personne de l&#8217;&#233;v&#234;que et compris avant tout comme l&#8217;expression de la pl&#233;nitude du pouvoir &#233;piscopal<xref ref-type="fn" rid="n18">18</xref>. Les ordres exempts &#233;vitaient le plus possible d&#8217;&#234;tre pr&#233;sents pour ne pas mettre en p&#233;ril leurs privil&#232;ges d&#8217;exemption (<xref ref-type="bibr" rid="B63">Woelki, 2023</xref>). Une pr&#233;sence aux synodes provinciaux &#233;tait g&#233;n&#233;ralement plus acceptable.</p>
<p>La contextualisation montre avant tout que les statuts synodaux n&#8217;&#233;taient pas con&#231;us en premier lieu pour mettre les r&#232;gles du <italic>Ius commune</italic> sous une forme compr&#233;hensible pour les cur&#233;s de village, mais pour arbitrer des conflits actuels qui emp&#234;chaient la r&#233;alisation du but r&#233;el du synode &#8211; ici l&#8217;application de la d&#238;me turque. Le droit d&#233;cr&#233;tal fournissait ici avant tout une proposition de m&#233;diation valid&#233;e par l&#8217;autorit&#233;.</p>
</sec>
</sec>
<sec>
<title>3 Probl&#232;mes et pistes de compromis</title>
<p>La mise en forme des conventions g&#233;n&#233;rales des statuts synodaux &#233;tait d&#233;j&#224; largement achev&#233;e lorsque le th&#232;me des mendiants devint pertinent. Il &#233;tait rare de voir appara&#238;tre des statuts de type &#171; <italic>de mendicantibus</italic> &#187;, les probl&#233;matiques li&#233;es aux ordres mendiants &#233;tant plut&#244;t syst&#233;matiquement rattach&#233;es &#224; des sujets analogues (<xref ref-type="bibr" rid="B46">Leinweber, 2013 : 265</xref>). Ainsi, les dispositions relatives &#224; l&#8217;accr&#233;ditation des pr&#233;dicateurs et des charg&#233;s d&#8217;&#226;mes se retrouvent souvent &#224; c&#244;t&#233; des mesures prises &#224; l&#8217;encontre des pr&#234;tres ambulants et des qu&#234;teurs d&#8217;aum&#244;nes. Les prescriptions concernant le respect des cas de r&#233;serve sont rattach&#233;es aux doctrines sacramentelles. Souvent, les statuts ne mentionnent pas explicitement les mendiants, mais il est &#233;vident, par le contexte, qu&#8217;ils sont concern&#233;s en priorit&#233;, par exemple quand on condamne des actes g&#233;n&#233;ralement attribu&#233;s aux mendiants, comme l&#8217;obtention frauduleuse des h&#233;ritages.</p>
<p>Les statuts synodaux peuvent en principe &#234;tre divis&#233;s en trois grands ensembles th&#233;matiques : la doctrine des sacrements, la discipline du clerg&#233; et des la&#239;cs et la d&#233;fense de la libert&#233; eccl&#233;siastique<xref ref-type="fn" rid="n19">19</xref>. Dans ce monde des textes, les r&#232;gles relatives aux mendiants ne constituent pas une cat&#233;gorie distincte, mais se r&#233;partissent assez &#233;quitablement sur les trois champs. En principe, les statuts nous permettent de classer les manifestations de la querelle des mendiants en trois cat&#233;gories, &#224; savoir a) la gestion de leurs privil&#232;ges de pr&#233;dication et de pastorale, b) les mesures prises pour les discipliner et c) les r&#232;gles relatives aux fun&#233;railles.</p>
<sec>
<title>a) Pr&#233;dication et soins pastoraux</title>
<p>Plus concr&#232;tement, les sermons avec une gestuelle excessive et l&#8217;installation de tr&#233;teaux pour la pr&#233;dication en masse dans des lieux non consacr&#233;s sont r&#233;guli&#232;rement interdits (par exemple Nantes 1431, Synode dioc&#233;sain, c. 18, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B2">Avril, 1987, 429</xref> ; repris &#224; Angers, Synode provincial de Tours 1448, c. 11, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B2">Avril, 1987 : 448</xref> ; voir <xref ref-type="bibr" rid="B46">Leinweber 2013 : 265</xref>). La concurrence temporelle &#233;tait &#233;galement probl&#233;matique : &#224; Prague, les pr&#233;dicateurs mendiants commen&#231;aient apparemment plus t&#244;t que les cur&#233;s et pr&#234;chaient ensuite si longtemps que les fid&#232;les ne pouvaient plus se rendre &#224; l&#8217;&#233;glise paroissiale<xref ref-type="fn" rid="n20">20</xref>. &#192; Magdebourg, il a m&#234;me &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233; en 1470 que les mendiants ne pouvaient plus du tout pr&#234;cher avant le d&#233;jeuner<xref ref-type="fn" rid="n21">21</xref>.</p>
<p>L&#8217;obligation d&#8217;accr&#233;diter personnellement les pr&#233;dicateurs et les charg&#233;s d&#8217;&#226;mes, le plus souvent aupr&#232;s de l&#8217;&#233;v&#234;que, mais parfois aussi aupr&#232;s du cur&#233;, a souvent &#233;t&#233; impos&#233;e. Le synode de Salzbourg de 1386 fit une distinction originale : &#224; la campagne, les pr&#233;dicateurs mendiants devaient &#234;tre invit&#233;s par les cur&#233;s, en ville, il fallait l&#8217;autorisation de l&#8217;&#233;v&#234;que<xref ref-type="fn" rid="n22">22</xref>. D&#8217;autre part, un synode d&#8217;Utrecht en 1344 (&#233;d. Hartzheim IV, 1761 : 344) dispensa explicitement les mendiants de l&#8217;obligation d&#8217;obtenir une licence de pr&#233;dication de l&#8217;&#233;v&#234;que. &#192; Prague, il existait une proc&#233;dure d&#8217;accr&#233;ditation d&#233;taill&#233;e aupr&#232;s de la chancellerie &#233;piscopale, avec quelques r&#232;gles favorables aux mendiants : les certificats devaient &#234;tre d&#233;livr&#233;s gratuitement et ne pouvaient pas &#234;tre refus&#233;s sans raison<xref ref-type="fn" rid="n23">23</xref>.</p>
<p>Les cas de r&#233;serve constituaient un gros probl&#232;me : du c&#244;t&#233; des mendiants, on d&#233;fendait souvent l&#8217;id&#233;e que leurs privil&#232;ges pontificaux comprenaient aussi les cas de r&#233;serve, et qu&#8217;ils pouvaient donc en effectuer davantage que les cur&#233;s. Les synodes s&#8217;y opposaient souvent (par ex. W&#252;rzburg, Synode dioc&#233;sain 1373, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B8">Himmelstein, 1855 : 212</xref> ; Soissons, Synode provincial de Reims 1455, &#233;d. Mansi XXXII, 1902 : 180 ; voir <xref ref-type="bibr" rid="B46">Leinweber, 2013 : 123&#8211;138</xref>), mais la formulation d&#8217;un synode de Reims en 1344, par exemple, montre que ce point de vue pouvait tout &#224; fait &#234;tre consensuel<xref ref-type="fn" rid="n24">24</xref>. M&#234;me le probl&#232;me vivement d&#233;battu de l&#8217;obligation de r&#233;p&#233;ter ses p&#233;ch&#233;s d&#233;j&#224; confess&#233;s au pr&#234;tre mendiant pendant la confession annuelle prescrite aupr&#232;s du cur&#233; local pouvait &#234;tre r&#233;solu en faveur des mendiants<xref ref-type="fn" rid="n25">25</xref>. Les synodes ne furent pas toujours un organe de r&#233;pression contre les mendiants.</p>
</sec>
<sec>
<title>b) La discipline</title>
<p>Un probl&#232;me typique se manifestait tr&#232;s souvent : les privil&#232;ges d&#8217;exemption entraient en conflit avec la hi&#233;rarchie dans les dioc&#232;ses. L&#8217;obligation d&#8217;accr&#233;diter les charg&#233;s d&#8217;&#226;mes et les pr&#233;dicateurs &#233;tait ressentie comme une subordination insidieuse, d&#8217;autant plus qu&#8217;elle s&#8217;accompagnait souvent d&#8217;un examen personnel de l&#8217;aptitude et du mode de vie<xref ref-type="fn" rid="n26">26</xref>. Les r&#232;gles concernant l&#8217;organisation concr&#232;te du pouvoir disciplinaire de l&#8217;&#233;v&#234;que sur les mendiants de son dioc&#232;se pouvaient &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rentes, allant de la simple d&#233;nonciation aupr&#232;s des sup&#233;rieurs religieux &#224; la proclamation de l&#8217;excommunication ou &#224; la punition directe. Parfois, on diff&#233;renciait aussi selon le lieu de s&#233;jour : plusieurs synodes fran&#231;ais (Vienne 1289, c. 65, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B25">Boisset, 1973 : 320</xref> ; Narbonne 1368, c. 73, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 517</xref>) soumettaient les moines mendiants au pouvoir disciplinaire de l&#8217;&#233;v&#234;que d&#232;s qu&#8217;ils se trouvaient dans des lieux non-exempts.</p>
<p>Le s&#233;jour des mendiants en dehors de leur couvent &#233;tait l&#8217;objet principal des probl&#232;mes disciplinaires. &#192; Apt, les mendiants devaient &#234;tre imm&#233;diatement emprisonn&#233;s s&#8217;ils &#233;taient trouv&#233;s sans habit religieux<xref ref-type="fn" rid="n27">27</xref>. Le contact avec les religieuses semblait particuli&#232;rement d&#233;licat ; on pense ici imm&#233;diatement &#224; la pol&#233;mique des nouvelles litt&#233;raires, o&#249; des cordeliers lubriques et rus&#233;s poursuivent des religieuses impuissantes et na&#239;ves (voir Pia Doering dans ce volume). Un synode &#224; Padoue en 1350 adopta une r&#233;glementation particuli&#232;rement diff&#233;renci&#233;e : les fr&#232;res mendiants ne peuvent aller dans les couvents de femmes d&#8217;autres ordres qu&#8217;avec l&#8217;autorisation de l&#8217;&#233;v&#234;que<xref ref-type="fn" rid="n28">28</xref>. Cette autorisation doit toutefois &#234;tre accord&#233;e avec bienveillance. L&#8217;&#233;v&#234;que ne doit pas punir lui-m&#234;me les moines mendiants qui ne respectent pas cette r&#232;gle, mais doit les d&#233;noncer aupr&#232;s des sup&#233;rieurs de l&#8217;ordre, qui doivent ensuite les transf&#233;rer et les punir. Les sup&#233;rieurs religieux doivent croire l&#8217;&#233;v&#234;que et seront suspendus en cas de n&#233;gligence. Pendant les voyages, les mendiants peuvent se loger dans des monast&#232;res de femmes, mais ne doivent pas dormir dans le m&#234;me b&#226;timent que les religieuses.</p>
</sec>
<sec>
<title>c) Les fun&#233;railles</title>
<p>Dans le conflit concernant les lieux de s&#233;pulture, le droit d&#233;cr&#233;tal avait fix&#233; une ligne de compromis qui ne satisfaisait aucune des parties : les fid&#232;les &#233;taient libres de se faire enterrer dans le cimeti&#232;re d&#8217;un couvent de mendiants, mais un quart des taxes et des oblations devaient &#234;tre transmises au cur&#233; en tant que <italic>portio canonica</italic><xref ref-type="fn" rid="n29">29</xref>. Dans les statuts, on sent souvent que les moines mendiants &#233;taient g&#233;n&#233;ralement soup&#231;onn&#233;s d&#8217;influencer les fid&#232;les et d&#8217;obtenir frauduleusement des s&#233;pultures et des h&#233;ritages (par exemple Gubbio, Synode dioc&#233;sain 1303, c. 68, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B5">Cenci, 1913 : 329</xref> ; voir <xref ref-type="bibr" rid="B41">Izbicki, 1988 : 464</xref>). Les sanctions &#233;taient souvent tr&#232;s s&#233;v&#232;res : excommunication, nullit&#233; du choix de la s&#233;pulture, exhumation du corps, interdiction du couvent (par exemple Vienne, Synode provincial 1289, c. 28&#8211;30, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B25">Boisset, 1973 : 264&#8211;266</xref>). Parfois, les mendiants devaient m&#234;me perdre tous leurs privil&#232;ges (Narbonne 1368, c. 66, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 515</xref>).</p>
<p>On prescrivait &#233;galement des mesures pr&#233;ventives : le concile de Vienne de 1289 (c. 23, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B25">Boisset : 1973, 254</xref>) stipulait que les malades en phase terminale ne pouvaient se confesser qu&#8217;au cur&#233; et que ce dernier devait &#233;galement &#234;tre pr&#233;sent lors de la r&#233;daction du testament. La question, tr&#232;s discut&#233;e au XIV<sup>e</sup> si&#232;cle (<xref ref-type="bibr" rid="B21">Bartocci, 2007</xref>), de savoir si les franciscains pouvaient recevoir des h&#233;ritages en raison de leur r&#232;gle religieuse, est parfois consid&#233;r&#233;e comme r&#233;solue par des synodes : un synode de Tarragone (1329, c. 57, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXV, 1782 : 866</xref>) r&#232;gle d&#233;j&#224; la redistribution de ces l&#233;gats invalides.</p>
<p>&#192; Palerme (1388, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 750</xref>), personne ne devait &#234;tre enterr&#233; chez les mendiants sans l&#8217;autorisation du cur&#233;. &#192; Florence, on a introduit en 1346 des r&#232;gles plus simples pour prouver l&#8217;accusation de fraude &#224; l&#8217;h&#233;ritage : &#224; l&#8217;avenir, une rumeur et un t&#233;moignage &#233;taient suffisants<xref ref-type="fn" rid="n30">30</xref>. Mais pour prouver que le d&#233;funt ne voulait pas &#234;tre enterr&#233; dans le cimeti&#232;re paroissial, il fallait deux ou trois t&#233;moins. Les cur&#233;s devaient exhorter les fid&#232;les &#224; ne pas n&#233;gliger leur propre tombe et celles de leurs anc&#234;tres. Les cimeti&#232;res paroissiaux figurent comme lieux de culte des anc&#234;tres. &#192; Mayence (1310, &#233;d. Hartzheim IV, 1761 : 197; voir <xref ref-type="bibr" rid="B44">Kehrberger, 1938 : 18</xref>), les fid&#232;les qui se faisaient enterrer en bonne et due forme dans la paroisse &#233;taient r&#233;compens&#233;s par une indulgence sp&#233;ciale.</p>
<p>Cette <italic>portio canonica</italic> d&#8217;un quart de toutes les redevances et donations, en fait tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment prescrite, a parfois &#233;t&#233; modifi&#233;e dans les statuts. &#192; Vienne, elle correspondait &#224; un tiers en 1289 (c. 32, &#233;d. Boiset, 1973 : 268), et &#224; Palerme en 1388 (&#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 750</xref>), elle &#233;tait m&#234;me de trois quarts. D&#232;s le XIII<sup>e</sup> si&#232;cle, nous entendons parler d&#8217;une mesure suppl&#233;mentaire prise par les cur&#233;s, l&#8217;<italic>ultimum vale</italic> : il fallait dans un premier temps transporter les d&#233;funts dans l&#8217;&#233;glise paroissiale, o&#249; une derni&#232;re messe &#8211; payante &#8211; &#233;tait chant&#233;e pour eux<xref ref-type="fn" rid="n31">31</xref>. On justifiait parfois cette pratique par des raisons disciplinaires : seul le cur&#233; pouvait emp&#234;cher les excommuni&#233;s d&#8217;&#234;tre enterr&#233;s &#224; l&#8217;&#233;glise de fa&#231;on non conforme. Cet <italic>ultimum vale</italic> a &#233;t&#233; un point de discorde central jusqu&#8217;au XV<sup>e</sup> si&#232;cle.</p>
</sec>
</sec>
<sec>
<title>4. Conclusion</title>
<p>R&#233;sumons la situation : la querelle des mendiants occupait les synodes de la fin du Moyen &#194;ge dans toute l&#8217;Europe latine, mais davantage les synodes provinciaux que ceux dioc&#233;sains. On constate occasionnellement, &#224; travers quelques cas particuliers bien document&#233;s, que les r&#232;gles approuv&#233;es lors des synodes &#233;taient li&#233;es &#224; des d&#233;bats pol&#233;miques pr&#233;alables qui culminaient &#224; l&#8217;occasion du synode &#224; venir, comme par exemple lors de l&#8217;arriv&#233;e du l&#233;gat Nicolas de Cues dans le dioc&#232;se de Bamberg et lors du synode provincial de Salzbourg en 1455, quand des lettres de plainte arriv&#232;rent de toute la province. La plupart du temps, la querelle des mendiants n&#8217;&#233;tait pas &#224; l&#8217;origine du synode, mais &#224; cette occasion, autant qu&#8217;on puisse le voir, elle &#233;tait surtout mise &#224; l&#8217;ordre du jour par le clerg&#233; paroissial. La pol&#233;mique, bien connue dans les sermons, les trait&#233;s et m&#234;me les nouvelles litt&#233;raires, ne parvenait g&#233;n&#233;ralement que sous une forme tr&#232;s att&#233;nu&#233;e jusqu&#8217;aux statuts, qui s&#8217;effor&#231;aient souvent tr&#232;s explicitement d&#8217;&#233;tablir un <italic>modus vivendi</italic> pacifique entre cur&#233;s et mendiants.</p>
<p>Le droit d&#233;cr&#233;tal fournissait, pour l&#8217;essentiel, les lignes de compromis ; toutefois, des d&#233;rogations &#233;taient possibles, surtout en faveur des cur&#233;s. Il &#233;tait cependant rare que les privil&#232;ges des mendiants soient fondamentalement remis en question. Dans l&#8217;ensemble, les synodes semblent avoir &#233;t&#233;, aux XIV<sup>e</sup> et XV<sup>e</sup> si&#232;cles &#8211; en raison de la densit&#233; insuffisante des cas bien document&#233;s jusqu&#8217;&#224; pr&#233;sent &#8211;, un forum de dialogue pacifique et de r&#233;tablissement de l&#8217;ordre plut&#244;t qu&#8217;une caisse de r&#233;sonance pour les attaques pol&#233;miques, comme ce fut encore le cas lors de la phase ardente de la querelle des mendiants &#224; Paris. Formulons une hypoth&#232;se que seule une &#233;tude quantitative &#224; grande &#233;chelle pourrait justifier de mani&#232;re convaincante : au plus tard vers 1300, lorsque le conflit permanent entre les mendiants et le clerg&#233; s&#233;culier devint end&#233;mique, les synodes furent un &#233;l&#233;ment important de la r&#233;silience de l&#8217;&#201;glise. Les &#233;ruptions locales et les crises aigu&#235;s, comme par exemple la vague de fondation de nouveaux monast&#232;res franciscains dans le sud de l&#8217;Allemagne par Giovanni da Capestrano, pouvaient &#234;tre surmont&#233;es ainsi. La synodalit&#233; &#233;tait le syst&#232;me immunitaire de l&#8217;&#201;glise.</p>
</sec>
</body>
<back>
<fn-group>
<fn id="n1"><p>Une introduction &#224; la th&#233;matique de la querelle des mendiants n&#8217;est pas n&#233;cessaire dans le cadre de ce volume. Nous vous renvoyons &#224; l&#8217;introduction des &#233;diteurs.</p></fn>
<fn id="n2"><p><xref ref-type="bibr" rid="B9">Johannes Andreae, 1482</xref>, ad Clem. 3.7.2, s. v. <italic>Instante</italic>, f. e3va : &#171; <italic>Multociens dixi, quod concilia fieri privilegiatis vel exemptis non expedit</italic> &#187;. Ensuite, aussi <xref ref-type="bibr" rid="B10">Johannes de Imola, 1480</xref>, ad Clem. 3.7.2, f. r3ra ; <xref ref-type="bibr" rid="B13">Nicolaus de Tudeschis, 1496</xref>, ad Clem. 3.7.2, f. I 4va. Cf. <xref ref-type="bibr" rid="B62">Woelki, 2012 : 120</xref>.</p></fn>
<fn id="n3"><p>Meilleure synth&#232;se de la recherche et des sources : <xref ref-type="bibr" rid="B36">Helmrath, 2002</xref> (r&#233;impr. 2022, avec une mise &#224; jour bibliographique). Tr&#232;s utile aussi pour les synodes allemands : <xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006</xref>. L&#8217;acc&#232;s &#224; la litt&#233;rature plus ancienne permet la bibliographie de <xref ref-type="bibr" rid="B54">Sawicki, 1967&#8211;1976</xref>. <xref ref-type="bibr" rid="B56">Sieben, 1990</xref>, traite de la p&#233;riode pr&#233;-tridentine de mani&#232;re plut&#244;t sommaire. L&#8217;essai de synth&#232;se de Cappellini et Sarzi Sartori, <xref ref-type="bibr" rid="B26">1994</xref>, apporte peu d&#8217;exemples concrets et ne permet pas d&#8217;acc&#233;der &#224; la litt&#233;rature ramifi&#233;e. Un aper&#231;u tr&#232;s succinct est propos&#233; par <xref ref-type="bibr" rid="B28">Coriden, 1974</xref>.</p></fn>
<fn id="n4"><p>Un acc&#232;s tr&#232;s confortable &#224; de nombreux recueils de statuts imprim&#233;s est fourni par le Corpus synodalium ; <ext-link ext-link-type="uri" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xlink:href="https://corpus-synodalium.com/">https://corpus-synodalium.com/</ext-link>.</p></fn>
<fn id="n5"><p><italic>Concilium Lateranense IV</italic> (1215), c. 6, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B1">Alberigo et al., 1973 : 236</xref>: &#171; [&#8230;] <italic>canonicas regulas et maxime quae statuta sunt in hoc generali concilio relegentes, ut eas faciant observari, debitam poenam transgressoribus infligendo</italic> &#187;. Cf. <xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006 : 41</xref>.</p></fn>
<fn id="n6"><p>Brixen, Synode dioc&#233;sain 1438, c. 16, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B3">Bickell, 1880 : 12: &#171;</xref> <italic>Ne mendicantes sine testimonio literarum suorum superium et episcopi admittantur</italic> &#187;. Le r&#232;glement a &#233;t&#233; encore pr&#233;cis&#233; dans un appendice : les cur&#233;s ne peuvent autoriser les mendiants qu&#8217;apr&#232;s avoir consult&#233; l&#8217;&#233;v&#234;que et doivent insister aupr&#232;s des la&#239;cs pour qu&#8217;ils n&#8217;aillent voir que les mendiants accr&#233;dit&#233;s ; &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B3">Bickell, 1880 : 60</xref>. Le statut de 1438 fut repris en 1449 avec une amende de 10 livres, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B3">Bickell, 1880 : 23</xref>. Nicolas de Cues renfor&#231;a encore les r&#232;gles en 1453 ; &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> II 1, 2012, n. 3059</xref>. Sur les franciscains dans le dioc&#232;se de Brixen : <xref ref-type="bibr" rid="B49">Nothegger, 1972</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B50">Nothegger, 1979</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B52">Pamato, 1996</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B58">Trenkwalder, 2000 : 49</xref>. Voir aussi <xref ref-type="bibr" rid="B62">Woelki, 2012 : 131&#8211;135</xref>.</p></fn>
<fn id="n7"><p>Voir Prague, Synode provincial 1355, c. 44, &#233;d. Hartzheim IV, 1761 : 402 : &#171; [&#8230;] <italic>quia tamen sumus certo certius informati, quod iidem religiosi contempta eiusdem iuris forma indifferenter omnes, dummodo sint presbyteri, etiam non praesentati episcopo, confessiones audiant singulorum in apertam damnationem suarum et sibi confitentium periculum animarum</italic> [&#8230;] &#187;. La formulation est toutefois identique &#224; celle du synode de Prague de 1349, c. 80, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B14">Polc et Hled&#233;kov&#225;, 2002 : 159</xref> ; &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 102</xref> et &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B17">Zelen&#253;, 1972 : 712</xref>.</p></fn>
<fn id="n8"><p>Vienne, Synode provincial 1289, c. 25, voir <xref ref-type="bibr" rid="B25">Boisset, 1973 : 164</xref>. Wroc&#322;aw (Breslau), Synode dioc&#233;sain 1446, &#233;d. Hartzheim V, 1763 : 293: &#171; <italic>Item sane didicimus, quod quidam religiosi falcem in messem alienam sepissime mittere non formidant, in sepulturis, confessionibus ac aliis forum pastorum verorum concernentibus in preiudicium et iacturam non modicam verorum plebanorum et propriorum</italic> &#187;. Sur la fonction de la citation signal Dt 23,26, voir aussi <xref ref-type="bibr" rid="B27">Congar, 1961 : 57</xref>. Ce passage se trouve &#233;galement dans X 3.28.5 et pourrait avoir &#233;t&#233; introduit dans les statuts par ce biais.</p></fn>
<fn id="n9"><p>Lucques, Synode dioc&#233;sain 1351, c. 50, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 275</xref> ; G&#234;nes, Synode provincial 1375, c. 75, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B4">Cambiaso, 1939 : 41</xref>; Salzbourg, Synode provincial 1386, c. 8, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B6">Dalham, 1788 : 163</xref> : &#171; <italic>Quia religiosos, praecipue fratres mendicantes, decet puritatem omnimodam in suis actibus observare: tamen saepe divagandi et dissolutionis materiam mutuantur, scandalum aliorum et tamquam pseudoprophetae fabulosis praedicantibus audientium animos plerumque seducunt</italic> [&#8230;] &#187; ; Dublin, Synode provincial 1348, c. 4, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 111</xref> : &#171; <italic>Nonnulli tamen sub quodam devotionis velamine et sanctitatis suae ausibus temerariis contra praemissa facere, inducere et procurare abiecto iuris tramite non verentur</italic> [&#8230;] &#187;.</p></fn>
<fn id="n10"><p>Rouen, Synode provincial 1335, c. 12, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXV, 1782 : 1046</xref> : &#171; <italic>Eosdem tamen parochialium ecclesiarum rectores aliasque personas ecclesiasticas provinciae memoratae in domino exhortamur, ut fratres Praedicatores, Minores et aliorum mendicantium ordinum, cum ad eorum loca et monasteria accesserint, ipsis sen exhibeant favorabiles et benignos</italic> &#187;. Voir <xref ref-type="bibr" rid="B46">Leinweber, 2013 : 27 et 265</xref>, avec d&#8217;autres exemples.</p></fn>
<fn id="n11"><p>Nicolas de Cues sur le syndode dioc&#233;sain de Bamberg, 1451, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> I 3a, 1994, n. 1267</xref> : &#171; <italic>Et quia fratres de ordine Mendicancium modo, quo in Clementina &#8216;Dudum&#8217; (Clem. 3.7.2) ponitur, presentati et per episcopum admissi in casibus ipsis per reservacionem pape aut episcopi non prohibitis eis confitentes veraciter absolvunt, pari pena inhibemus, ne quisquam, cuiuscumque condicionis fuerit</italic>, [&#8230;] <italic>potestati absolvendi eorundem fratrum sic admissorum detrahere</italic> [&#8230;] <italic>presumat</italic> &#187;.</p></fn>
<fn id="n12"><p>Aschaffenburg, Synode provincial de Mayence (1455), &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B15"><italic>Statuta synodalia Eystetensia</italic>, 1484</xref> f. 61v : &#171; <italic>Dignum duxit hec sancta synodus fideli populo, quam perniciosus sit error iste, demonstrare illumque similiter damnar</italic>e [&#8230;] ; <italic>Et demum, quod fedum est enarrare, quod sanctimonialis professa, si carnis temptatione et humana fragilitate victa castitatem servare nollet, minoris culpe et facilioris venie esset, si cum religioso quam cum seculari delinquet</italic> &#187;. Pour Heinrich Collis, voir maintenant <xref ref-type="bibr" rid="B29">Daniels 2024</xref>.</p></fn>
<fn id="n13"><p>Copie du XVe si&#232;cle : Brixen, Couvent des Clarisses, Ms. S 19 f. 61r&#8211;67v, &#233;d. Hartzheim V, 1763 : 936&#8211;945 ; Mansi XXXII, 1902 : 163&#8211;174 ; <xref ref-type="bibr" rid="B6">Dalham, 1788 : 240</xref>. Voir <xref ref-type="bibr" rid="B39">H&#252;bner, 1909 : 231</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B40">H&#252;bner, 1913 : 247</xref>.</p></fn>
<fn id="n14"><p>Un cur&#233; de la r&#233;gion de Krems &#224; l&#8217;&#233;veque de Passau (7 mai 1456), &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B6">Dalham, 1788 : 232</xref> : &#171; [&#8230;] <italic>quomodo isti Capistrani, scilicet fratres Minores de observantia, ad nostras ecclesias vicini in foro Lewbs ligneum construxerunt oratorium, defacto praedicant et, ut timetur, confessionibus suis plebisanos nostros a nobis aversuri, quod nostris ecclesiis et nobis in maximum cedet praeiudicium, quoniam nec de grano neque de guttula vini in decimis gaudemus, sed solum fructibus cottidianis et culturis, de quibus quasi quilibet suo collatori censualis existit</italic> &#187;.</p></fn>
<fn id="n15"><p><italic>Avisamenta cleri Stirie inferioris</italic> (1456), &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B6">Dalham, 1788 : 236</xref> : &#171; <italic>Primo solent nobis ecclesiarum parochialium rectoribus populum nobis commissum abstrahere, praecipue in propitiationibus, recipiendo de eisdem propitiationibus vigiliarum, exequiarum, missarum et diversorum officiorum minus quam solito recipi solet in parochiis nostris contra laudabilem ecclesiarum nostrarum consuetudinem hactenus observatam, puta vix tertiam partem, et sic populus propter minorem solutionem ad ipsos affluit nobis in grave preiudicium</italic> &#187;.</p></fn>
<fn id="n16"><p><italic>Avisamenta cleri Stirie inferioris</italic> (1456), &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B6">Dalham, 1788 : 236</xref> : &#171; <italic>Item solent plerique mendicantium priores et quardiani (!) in suis caustris benedictiones facere solemnes, videlicet in diebus festivis Purificationis gloriosae virginis candelarum, in die Palmarum ipsarum palmarum, in die Resurrectionis dominicae carnium etiam in domibus plebisanorum, item in die s. Stephani protomartyris salis et aquae benedictiones celebrare solemnes, item in die Parasceves ornare sepulchrum domini imponentes ibi sacramentum eucharistiae, candelis plurimis accensis, canentes quoque psalterium usque ad diem Paschae. Quae omnia insignia sunt parochialia et solummodo ad ecclesias parochiales pertinere</italic> &#187;. L&#8217;usurpation de sacrements et de c&#233;r&#233;monies eccl&#233;siastiques est &#233;galement d&#233;plor&#233;e par le synode dioc&#233;sain de Breslau en 1446, &#233;d. Hartzheim V, 1763 : 296.</p></fn>
<fn id="n17"><p><italic>Avisamenta cleri Stirie inferioris</italic> (1456), &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B6">Dalham, 1788 : 237</xref> : &#171; <italic>Item sunt certa claustra mendicantium habentia in ecclesiis suis non tantum una sed duas aut plures campanas, quod cottidie ad officium compulsant, sicut in ecclesiis parochialibus fieri solet, nec a talibus volunt abstinere. Dixit enim quidam prior ordinis heremitarum S. Augustini in Ragkersburg : Si plebanus in duabus campanis suis displicentiam habet, ipse vellet addere tertiam</italic> &#187;. Une concurrence similaire de la sonnerie des cloches est perceptible &#224; Lucques, o&#249; un synode dioc&#233;sain de 1351 (c. 18, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 262</xref>) interdit aux mendiants, sous peine de perdre compl&#232;tement leurs privil&#232;ges, de faire sonner les cloches avant que celles de la cath&#233;drale et des &#233;glises paroissiales n&#8217;aient sonn&#233;. En g&#233;n&#233;ral, sur le probl&#232;me de la gestion acoustique des conflits : <xref ref-type="bibr" rid="B30">Dohrn-van Rossum 2020</xref>.</p></fn>
<fn id="n18"><p><xref ref-type="bibr" rid="B32">Fois, 1990 : 66</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B26">Cappellini et Sarzi Sartori, 1994 : 99</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B63">Woelki, 2023 : 275</xref>. Pour <xref ref-type="bibr" rid="B23">Binz, 1973 : 143&#8211;176</xref> (synodes) et 177&#8211;215 (visites), les synodes font partie, avec les visites paroissiales, des &#171; moyens d&#8217;action &#187; centraux de l&#8217;&#233;v&#234;que. Voir <xref ref-type="bibr" rid="B42">Johanek, 2006 : 34</xref>.</p></fn>
<fn id="n19"><p>Plusieurs &#233;tudes ont jusqu&#8217;&#224; pr&#233;sent entrepris une syst&#233;matisation du contenu des statuts. Les crit&#232;res sont tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes. <xref ref-type="bibr" rid="B20">Aznar Gil, 1982</xref>, syst&#233;matise les statuts de Saragosse selon : vie du clerg&#233;, vie des la&#239;cs, sacrements. <xref ref-type="bibr" rid="B33">Haering, 2006 : 91</xref> syst&#233;matise ainsi : discipline, libert&#233; eccl&#233;siastique, sacrements. <xref ref-type="bibr" rid="B18">Avril, 1998 : 45</xref> sectionne les statuts en aspects de la conduite morale des pr&#234;tres, de la gestion des sacrements et d&#8217;autres comme l&#8217;autorit&#233; des archidiacres, les r&#232;gles de mariage et la juridiction eccl&#233;siastique.</p></fn>
<fn id="n20"><p>Prague, Synode provincial (1349), c. 80, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B14">Polc et Hled&#237;kov&#225;, 2002 : 160</xref> : &#171; <italic>Cum autem fratres ipsi diebus festivis in suis domibus in mane predicationes faciunt, non eas in tantum protrahant quod plebes ad predicationem et in summam missam sue parochie, quibus tune interesse tenentur, negligunt debitam horam veniendi</italic> &#187;.</p></fn>
<fn id="n21"><p>Magdebourg, Synode provincial 1470, c. 22, &#233;d. Hartzheim V, 1763 : 481 : &#171; <italic>Et quia, nisi unicuique sua iurisdictio reservetur, ecclesiasticus ordo confunditur, inhibemus districte, ne religiosi, praesertim mendicantes, quicunque antre prandium contra Clement. Dudum de sepulturis</italic> (Clem. 3.7.2) <italic>sermonem faciant ad plebem, nisi specialiter a nobis aut alias decenter desuper fuerit privilegiatus, de quo ipsum plebanum vel eius vicarium, ubi sermo fieri debuerit, volumus fieri certiorem</italic> &#187;.</p></fn>
<fn id="n22"><p>Salzbourg, Synode provincial 1386, c. 8, ed. <xref ref-type="bibr" rid="B6">Dalham, 1788 : 163</xref> : &#171; <italic>Volumus tamen, quod nequaquam dicti rectores ipsos invitent vel admittant, nisi de proponendo verbum dei a suis superioribus licentiam habeant, et de illa saepe dictis rectoribus faciant plenam fidem. In civitatibus vero et dioecesi, in quibus ipsorum fratrum loca consistunt, ac in locis vicinis, nullatenus ad dictum officium praedicandi vel ad confessiones audiendas admittantur, nisi locorum dioecesanis canonice praesentati fuerint prius et admissi</italic> &#187;.</p></fn>
<fn id="n23"><p>Prague, Synode provincial (1349), c. 80, <xref ref-type="bibr" rid="B14">Polc et Hled&#237;kov&#225;, 2002 : 159</xref> : &#171; [&#8230;] <italic>ne parochianos suos permittant dictis fratribus confiteri nisi illis dumtaxat qui per patentes litteras diocesani episcopi pro ipsis confessionibus audiendis nominatim fuerint deputati; quasi quidem litteras de cancellaria nostra et suffraganeorum nostrorum gratis et sine solutione pecunie aliqua ipsi fratres habent recipere et eas rectores ecclesiarum ad requisitionem ipsorum fratrum sub excommunicationis pena teneantur in suis ecclesiis publicare</italic> &#187;. Des dispositions similaires &#224; W&#252;rzburg, Synode dioc&#233;sain 1373, c. 3, &#233;d. Hartzheim IV, 1761 : 516 ; Tortosa, Synode provincial 1429, c. 17, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVIII, 1785 : 1154</xref>.</p></fn>
<fn id="n24"><p>Noyon, Synode provincial (pour Reims) 1344, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 9</xref>: &#171; <italic>Et licet dicti mendicantes in suis sermonibus de iure hoc facere teneantur, volumus tamen, quod quotienscumque praedicare contigerit, hoc faciant sine fraude, alias non habeant potestatem absolvendi a peccatis in casibus episcopis reservatis et maxime non habeant potestatem absolvendi dictas decimas retinentes, sed eamdem potestatem singulis dioecesanis specialiter reservamus</italic> &#187;. Le concile provincial de Tortosa de 1429 (c. 17, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVIII, 1785 : 1154</xref>) pr&#233;voyait &#233;galement un compromis, tout en acceptant le privil&#232;ge pastoral des mendiants dans les cas de r&#233;serve.</p></fn>
<fn id="n25"><p>Par exemple W&#252;rzburg, Synode dioc&#233;sain 1373, c. 1, &#233;d. Hartzheim IV, 1761 : 516 : &#171; <italic>Illi vero, qui praedictis fratribus confitentur, non magis tenentur eadem peccata iterum confiteri, quam si illa alias confessi fuissent proprio eorum sacerdoti seu plebano</italic> &#187;. Le synode provincial de B&#233;ziers (pour Narbonne) en 1351 (c. 12, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 250</xref>) stipulait que les noms des confessants devaient &#234;tre &#233;crits afin que le <italic>proprius sacerdos</italic> puisse &#234;tre assur&#233; de mani&#232;re cr&#233;dible quand la confession avait eu lieu ; il n&#8217;&#233;tait plus question du renouvellement de la confession. Pour ce probl&#232;me et la discussion, voir <xref ref-type="bibr" rid="B38">H&#246;dl, 2000 : 56&#8211;58</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B62">Woelki, 2012 : 127&#8211;129</xref> ; <xref ref-type="bibr" rid="B57">Steckel, 2015 : 181</xref>.</p></fn>
<fn id="n26"><p>C&#8217;&#233;tait un point de d&#233;part central de Nicolas de Cues pour ses tentatives de r&#233;forme des mendiants; voir <xref ref-type="bibr" rid="B62">Woelki, 2012 : 125</xref>. Rarement le pouvoir disciplinaire des &#233;v&#234;ques sur les mendiants fut exprim&#233; aussi explicitement que dans les statuts de Brixen 1438, c. 29, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B3">Bickell, 1880 : 63</xref>: &#171; <italic>Negligentes vero et non reformantes, cuiuscumque religionis fuerint, maxime de ordine S. Francisci, qui triplicem regulam sive modum sancte vivendi declaravit, districte animadversione iudicii punire non tardabimus</italic> &#187;.</p></fn>
<fn id="n27"><p>Apt, Synode dioc&#233;sain (pour Vaucluse) 1361, c. 17, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 452</xref> : &#171; <italic>Cum sint multi, quod non grate referimus, non facto religiosi, sed nomine, exemti et non exemti, religiosum habitum spernentes deferre, praesentis auctoritate concilii statuimus, ut si quem ex praedictis incedere sine suo decenti habitu vel relinquere aut alias inhoneste incedere, aliquis nostrum vel ex nostris officialibus repererit, capi faciat atque detineri, donec per superiorem requiratur ipsius remittendo eidem pro demerito puniendum</italic> &#187;. Les fr&#232;res mendiants errants qui abusent de leur habit religieux pour p&#233;cher sont aussi la cible du synode provincial d&#8217;Avignon 1457 ; &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXXII, 1902 : 189</xref> : &#171; <italic>Et quoniam excrescente contumacia debet crescere et poena, quia religiosi istius temporis non verentur soli incedere et pileati, interdum habitibus suis abutentes et religionis suae immemores, statuimus ideoque et ordinamus hoc praesenti statuto inviolabiliter observando, ne religiosus aliquis mendicans sine socio eiusdem religionis per civitatem aut loca discurrere audeat</italic> [&#8230;] &#187;.</p></fn>
<fn id="n28"><p>Padoue, Synode provincial 1350, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 227</xref> : &#171; <italic>Religiosi exempti etiam ordinum mendicantium clausuras vel ecclesias monasteriorum monialium eisdem non subiectarum prorsus et omnino non intrent ex aliqua causa neque cum monialibus ipsis infra eadem monasteria seu ecclesias quoquomodo loquantur, dioecesanorum seu vicariorum earumdem licentia non obtenta</italic>, [&#8230;]. <italic>Et hortamur tamen praelatos praedictos, quod praefatis religiosis, si fuerint bonae conversationis et vitae, eundi in praefata monasteria pro causis honestis et licitis licentiam benigne concedant</italic> [&#8230;] &#187;. Pareillement : Freising, Synode dioc&#233;sain 1441, c. 12, &#233;d. Mansi XXXII, 1902 : 9.</p></fn>
<fn id="n29"><p>Meilleure &#233;tude sur ce probl&#232;me : <xref ref-type="bibr" rid="B59">Trexler, 1987</xref>. On trouve un riche mat&#233;riel sur la discussion canonistique chez <xref ref-type="bibr" rid="B41">Izbicki, 1988</xref>. Syst&#233;matique sur les taxes fun&#233;raires dans les statuts de Saragosse: <xref ref-type="bibr" rid="B20">Aznar Gil, 1982 : 138</xref>.</p></fn>
<fn id="n30"><p>Florence, Synode provincial 1346, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 47</xref> : &#171; <italic>Item statuimus iuris et experientiae informatione coacti ad hoc</italic>, [&#8230;] <italic>quod omnes et singuli allectionibus seu inductionibus cuiuscumque religiosi vel saecularis cuiuscumque status vel conditionis existat, aliquatenus adhaerat sive credat in eligendo sepulturam vel legata aliqua facienda. Quod si secus actum fuerit, eo ipso decernimus non tenere et allectio eo ipso sive inductio pro probata habeatur, quod per famam publicam et unum testem fuerit comprobatum. Non tamen intendimus per istam nostram constitutionem ligare ecclesiarum rectores, qui hortabuntur et admonebunt suos parochianos, ne suas et antiquorum suorum deserant sepulturas</italic> &#187;.</p></fn>
<fn id="n31"><p>Cognac, Synode dioc&#233;sain 1260, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXIII, 1773 : 1036</xref>, au motif que seul le cur&#233; est en mesure d&#8217;&#233;valuer s&#8217;il s&#8217;agit de l&#8217;enterrement d&#8217;une personne interdite ou excommuni&#233;e. En outre : Vienne, Synode provincial 1289, c. 31, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B25">Boisset, 1973 : 268</xref> ; W&#252;rzburg, Synode dioc&#233;sain 1329, c. 33, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B8">Himmelstein, 1855 : 177</xref> ; Lavaur, Synode provincial, pour Narbonne, 1368, c. 63, &#233;d. <xref ref-type="bibr" rid="B11">Mansi XXVI, 1784 : 514</xref>; <xref ref-type="bibr" rid="B12"><italic>Acta Cusana</italic> II 4, 2018, n. 4208, 4268</xref> ; II 5, n. 4507.</p></fn>
</fn-group>
<sec>
<title>Competing Interests</title>
<p>Je n&#8217;ai aucun conflit d&#8217;int&#233;r&#234;ts &#224; d&#233;clarer.</p>
</sec>
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<title>R&#233;f&#233;rences</title>
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<title>Sources</title>
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